Tebboune en Chine relance BRICS et partenariats économiques

La visite de cinq jours du président algérien Abdelmadjid Tebboune en Chine, annoncée récemment par Atalayar, marque une étape clé dans la stratégie algérienne pour diversifier ses partenariats économiques et renforcer son poids géopolitique. Au cœur des discussions figurent le renforcement des échanges bilatéraux avec Pékin et une relance formelle de la candidature de l’Algérie à rejoindre les BRICS, le bloc économique regroupant Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud. Pour les entrepreneurs algériens et la diaspora, ces négociations ouvrent des opportunités concrètes, mais aussi des incertitudes sur les conditions d’accès aux marchés et aux financements.

Un partenariat Chine-Algérie en quête de résultats concrets

La Chine reste le premier partenaire commercial de l’Algérie en Asie, devant la Turquie et l’Inde. Cependant, les investissements directs chinois en Algérie restent limités (environ 1,5 milliard de dollars cumulés depuis 2000), loin derrière ceux des pays du Golfe ou de l’Europe. Les discussions de cette semaine pourraient déboucher sur des accords sectoriels, notamment dans les infrastructures (ports, routes) ou les technologies vertes, où l’Algérie mise sur son potentiel solaire et éolien. Pour les PME algériennes, cela signifie une possible augmentation des commandes publiques chinoises, mais aussi une concurrence accrue sur les marchés locaux avec des produits chinois moins chers.

L’adhésion aux BRICS : un levier pour les exportateurs algériens

Les secteurs algériens les plus concernés seraient l’agroalimentaire (dattes, huile d’olive, vin), les produits pharmaceutiques et les technologies vertes. Par exemple, la Chine importe massivement des dattes tunisiennes (50 000 tonnes en 2022) et pourrait s’intéresser aux variétés algériennes, comme la Deglet Nour. De même, les laboratoires algériens, comme ceux de la Sonatrach ou des groupes privés, pourraient bénéficier des appels d’offres des BRICS dans la santé. À l’inverse, les entrepreneurs devront composer avec les barrières douanières et les normes sanitaires strictes de ces pays émergents.

Diaspora algérienne : un rôle clé dans les échanges

Cependant, les entrepreneurs de la diaspora devront faire face à des contraintes réglementaires. Par exemple, les investissements étrangers en Algérie sont soumis à des quotas de participation locale (au moins 51 % pour les secteurs stratégiques comme l’énergie ou les télécoms). Une réforme de ces règles, évoquée récemment par le gouvernement, pourrait faciliter les retours d’argent et les créations d’entreprises mixtes.

Risques et opportunités pour les PME algériennes

À l’inverse, les PME devront se préparer à une concurrence accrue. Les exportations algériennes vers la Chine sont dominées par les hydrocarbures (90 % du total), et les produits manufacturés locaux peinent à percer. Une diversification vers les marchés des BRICS exigera des normes qualité strictes et une adaptation aux goûts des consommateurs indiens ou brésiliens. Par ailleurs, les délais de paiement avec les partenaires chinois restent un sujet sensible : plusieurs entreprises algériennes ont rapporté des retards dans les règlements, malgré les accords bilatéraux.

À retenir pour les entrepreneurs
Les discussions entre Tebboune et la Chine pourraient déboucher sur des opportunités dans les énergies renouvelables et les infrastructures, mais les PME devront anticiper une concurrence accrue et des exigences normatives strictes. Les entrepreneurs de la diaspora pourraient bénéficier d’un assouplissement des règles d’investissement, sous réserve de réformes réglementaires. Les secteurs agroalimentaire et pharmaceutique sont les plus exposés aux gains potentiels d’un accès aux marchés des BRICS.

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