Mohamed Tadjadit, figure emblématique du Hirak, a été condamné récemment à cinq ans de prison ferme par le tribunal de Sidi M’hamed à Alger. Le verdict, rendu pour « apologie du terrorisme » et « atteinte à l’unité nationale », suscite une vague de réactions en Algérie et à l’international. Selon le journal Le Monde, qui a relayé l’information, cette condamnation s’inscrit dans une série de poursuites judiciaires ciblant les opposants politiques et les militants des mouvements de protestation.
Une condamnation contestée
Amnesty International a également réagi, qualifiant cette condamnation de « nouvelle étape dans la répression des voix dissidentes en Algérie ». L’organisation a appelé les autorités algériennes à « respecter les droits fondamentaux à la liberté d’expression et à un procès équitable ».
Réactions politiques et sociales
Du côté du pouvoir, aucune réaction officielle n’a été enregistrée. Cependant, des sources proches du ministère de la Justice ont indiqué à l’Agence presse service (APS) que « la justice algérienne est indépendante et agit dans le respect des lois en vigueur ». Ces mêmes sources ont rappelé que « toute infraction à la loi, y compris l’apologie du terrorisme, est passible de sanctions ».
Un contexte de répression accrue
Le cas de Tadjadit n’est pas isolé. En décembre 2025, Lyes Touati, militant du Parti socialiste des travailleurs (PST), a également été placé en détention pour « atteinte à la sûreté de l’État ». Ces arrestations soulèvent des questions sur l’espace démocratique en Algérie et le respect des libertés individuelles.
Les réseaux sociaux dans le viseur
Cette focalisation sur les réseaux sociaux n’est pas nouvelle. En 2023, le gouvernement algérien a adopté une loi sur la cybercriminalité, qui permet de poursuivre les internautes pour des propos jugés « subversifs ». Plusieurs blogueurs et journalistes ont été condamnés sur la base de cette loi, comme Merzoug Touati, emprisonné pour « incitation à la violence » après avoir couvert des manifestations.
Une mobilisation internationale
Des organisations de défense des droits de l’homme, comme Human Rights Watch et Reporters sans frontières, ont également dénoncé cette condamnation. « L’Algérie utilise des accusations de terrorisme pour museler toute opposition pacifique », a déclaré Lama Fakih, directrice adjointe de Human Rights Watch pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.
Un avenir incertain
Pour l’instant, le pouvoir algérien semble déterminé à maintenir sa ligne répressive. La condamnation de Tadjadit pourrait servir d’avertissement à tous ceux qui osent critiquer le régime. Pourtant, dans un pays où la jeunesse aspire à plus de libertés, cette stratégie pourrait s’avérer contre-productive à long terme.