Le ministère du Commerce et de la Promotion des Exportations a annoncé récemment que l’Algérie finalisera sa stratégie nationale de sécurité sanitaire des aliments d’ici décembre 2024. Ce projet, piloté par le gouvernement de Nadir Larbaoui, vise à renforcer les contrôles sur l’ensemble de la chaîne alimentaire, des producteurs aux distributeurs. Selon horizons.dz, cette initiative s’inscrit dans un cadre plus large de modernisation des normes sanitaires, en réponse aux défis posés par les importations et la production locale.
Le texte, en cours d’élaboration depuis 2023, prévoit des mécanismes de traçabilité obligatoire pour les produits agricoles et agroalimentaires. Les autorités algériennes, notamment l’Office national de contrôle technique et de la répression des fraudes (ONCTRF), seront chargées de veiller à l’application de ces mesures. D’après des sources proches du dossier, cette stratégie inclura également des sanctions renforcées contre les fraudeurs, avec des amendes pouvant atteindre plusieurs millions de dinars pour les contrevenants.
Un cadre légal en gestation depuis 2022
Le ministre du Commerce, Kamel Rezig, a souligné lors d’une intervention publique que cette stratégie répondait à une « nécessité impérieuse » pour l’Algérie. « Nous ne pouvons plus nous contenter de mesures ponctuelles. Il faut un système intégré, capable de garantir la qualité des aliments à chaque étape », avait-il déclaré. Les associations de consommateurs, comme l’Association de défense des consommateurs (ADC), ont salué cette initiative, tout en réclamant une transparence accrue dans sa mise en œuvre.
Des enjeux économiques et sanitaires
Par ailleurs, la dépendance de l’Algérie aux importations de denrées de base, comme les céréales, expose le pays aux fluctuations des marchés internationaux. La Compagnie nationale des meuneries algériennes (CNMA) a récemment mené des campagnes de sensibilisation auprès des céréaliculteurs du Sud, afin d’améliorer les rendements et réduire les pertes post-récolte. « L’objectif est de sécuriser notre approvisionnement en blé dur, tout en garantissant sa qualité », avait expliqué un responsable de la CNMA à la radio algérienne en avril 2024.
Des défis logistiques et technologiques
Cependant, des obstacles persistent. Les petits producteurs et les commerçants informels, qui représentent une part importante de la distribution alimentaire, pourraient avoir du mal à se conformer aux nouvelles exigences. Des experts estiment que des mesures d’accompagnement, comme des formations et des subventions, seront nécessaires pour éviter une marginalisation de ces acteurs.
Une réponse aux crises internationales
Le gouvernement algérien mise sur cette stratégie pour réduire les risques liés aux importations et renforcer la résilience du pays face aux chocs externes. Les exportations de produits locaux, comme les dattes, pourraient également bénéficier de ces nouvelles normes, en améliorant leur compétitivité sur les marchés internationaux. Toutefois, des tensions commerciales avec le Maroc, comme le boycott des dattes algériennes évoqué par Bladi.net en janvier 2026, pourraient compliquer cette dynamique.
Prochaines étapes
Pour l’Algérie, cette réforme représente une opportunité de moderniser son système alimentaire, tout en répondant aux attentes des citoyens en matière de qualité et de transparence. Si elle est bien menée, elle pourrait servir de modèle pour d’autres pays de la région.