Cette semaine, Sonelgaz a posé la première pierre d’une académie de football à Ouargla, un projet qui marque une étape concrète dans le développement du sport dans le sud du pays. Selon footafrique.com, cette infrastructure, située dans la wilaya de Ouargla, sera la première du genre construite par l’entreprise publique dans cette région. L’initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de soutien aux jeunes talents et de désenclavement sportif des zones éloignées des grands centres urbains.
L’académie, dont les travaux ont débuté récemment, sera équipée de terrains synthétiques, d’un centre de formation et d’hébergement pour les jeunes joueurs. Sonelgaz, déjà engagée dans plusieurs projets sociaux et sportifs à travers l’Algérie, entend ainsi renforcer son rôle dans la promotion du football local. Le directeur général de Sonelgaz, Chaher Boulakhras, a souligné lors d’une visite sur place que ce projet répond à une demande croissante des jeunes de la région, souvent contraints de se déplacer vers le nord pour accéder à des structures de formation de qualité.
Ouargla, comme d’autres wilayas du sud, dispose d’un vivier de talents, mais manque cruellement d’infrastructures adaptées. Plusieurs joueurs originaires de la région, tels que l’international algérien Ramy Bensebaini, ont dû quitter leur ville natale pour poursuivre leur carrière. L’académie Sonelgaz pourrait donc combler ce déficit en offrant aux jeunes une formation de proximité, encadrée par des techniciens qualifiés. Selon des sources locales, une vingtaine de jeunes seront sélectionnés dès la première année pour intégrer le centre, avec un suivi sportif et scolaire.
Le projet s’inspire d’autres initiatives similaires menées par des entreprises publiques algériennes, comme l’académie de football de Sonatrach à Hassi Messaoud ou celle de la Cosider à Alger. Ces structures ont déjà permis de révéler des joueurs prometteurs, comme l’attaquant de l’USM Alger, Aymen Mahious, formé à l’académie de la Cosider. Pour Sonelgaz, l’objectif est double : contribuer à la détection des talents et offrir une alternative aux jeunes qui, faute d’opportunités, se tournent parfois vers des activités moins structurées.
Les autorités locales ont salué cette initiative. Le wali de Ouargla, Abdelkader Djeriou, a déclaré que l’académie s’intégrera dans un plan plus large de développement sportif de la wilaya, incluant la rénovation des stades et la création de clubs amateurs. La wilaya compte déjà plusieurs clubs évoluant en divisions inférieures, comme l’IRB Ouargla ou le CRB Ouargla, mais ceux-ci peinent à rivaliser avec les équipes du nord en raison d’un manque de moyens et d’infrastructures.
Sur le plan technique, l’académie sera gérée en partenariat avec la Fédération algérienne de football (FAF). Selon des informations obtenues par footafrique.com, des entraîneurs certifiés par la FAF seront recrutés pour encadrer les jeunes, avec un programme axé sur la formation physique, tactique et mentale. Un système de bourses sera également mis en place pour les joueurs les plus méritants, afin de leur permettre de poursuivre leurs études tout en s’entraînant.
Ce projet intervient dans un contexte où le football algérien cherche à se structurer après des années de désorganisation. La FAF, dirigée par Walid Sadi, a récemment lancé un plan de développement des jeunes, avec la création de centres régionaux et la formation d’éducateurs. L’académie de Sonelgaz à Ouargla s’inscrit donc dans cette dynamique, en ciblant spécifiquement les régions du sud, souvent négligées dans les politiques sportives nationales.
Les retombées économiques et sociales pourraient être significatives pour Ouargla. La construction de l’académie a déjà généré des emplois locaux, et son fonctionnement devrait créer une dizaine de postes permanents, selon les responsables de Sonelgaz. Par ailleurs, l’arrivée de jeunes joueurs et de leurs familles pourrait dynamiser l’économie locale, notamment dans les secteurs de l’hébergement et de la restauration.
Pour les jeunes de la région, cette académie représente une lueur d’espoir. « C’est une chance pour nous de montrer ce qu’on sait faire sans avoir à quitter notre ville », confie Mohamed, 16 ans, joueur au CRB Ouargla. Comme lui, des centaines de jeunes rêvent de percer dans le football, mais manquent de moyens pour y parvenir. L’académie Sonelgaz pourrait bien être le tremplin dont ils ont besoin.
Reste à savoir si ce projet sera suivi d’autres initiatives similaires dans le sud. Plusieurs wilayas, comme Adrar, Tamanrasset ou Illizi, attendent elles aussi des infrastructures sportives dignes de ce nom. Pour l’instant, Sonelgaz n’a pas annoncé de nouveaux projets, mais l’entreprise a laissé entendre que Ouargla pourrait servir de modèle pour d’autres régions.
En attendant, les travaux avancent à un rythme soutenu. Selon les responsables du projet, l’académie devrait être opérationnelle d’ici la fin de l’année, avec une inauguration officielle prévue en présence des autorités locales et nationales. Si tout se déroule comme prévu, Ouargla pourrait bien devenir un nouveau pôle de formation footballistique en Algérie, à l’image de ce que représente Sidi Moussa pour Alger ou Sidi Bel Abbès pour l’ouest du pays.
Pour l’Algérie, ce type d’initiative est crucial. Le pays compte sur ses jeunes pour redynamiser son football, après des années de résultats mitigés sur la scène internationale. Avec des infrastructures comme celle de Sonelgaz à Ouargla, les chances de découvrir la prochaine pépite algérienne augmentent. Et qui sait ? Peut-être que le futur Ballon d’or africain viendra du désert.