La Société nationale des transports ferroviaires (SNTF) a lancé récemment un programme national de réhabilitation et de modernisation de 1200 kilomètres de lignes ferroviaires à travers le pays. Ce chantier, annoncé par la radio algérienne, vise à améliorer la sécurité, la vitesse et la capacité du réseau ferré algérien, en particulier sur les axes stratégiques reliant les grandes villes et les zones industrielles.
Selon les déclarations officielles, ce projet s’inscrit dans le cadre du plan quinquennal 2020-2024, prolongé pour intégrer les retards accumulés pendant la pandémie. Les travaux concernent notamment les lignes Alger-Oran, Alger-Annaba, et Alger-Constantine, ainsi que plusieurs tronçons secondaires dans les wilayas du Sud comme Ouargla et Béchar. La SNTF a précisé que les travaux incluent le renouvellement des rails, la modernisation des systèmes de signalisation et l’électrification partielle de certaines sections.
Un réseau vieillissant à l’épreuve du temps
La SNTF a indiqué que les travaux seront réalisés en plusieurs phases, avec une priorité accordée aux axes les plus fréquentés. Les premières livraisons sont attendues d’ici fin 2025, avec la mise en service de sections rénovées entre Alger et Blida, ainsi qu’entre Oran et Sidi Bel Abbès. Ces améliorations devraient réduire les temps de trajet de 20 à 30 % sur ces liaisons.
Des partenariats internationaux pour accélérer les travaux
Un responsable de la SNTF, cité par la radio algérienne, a expliqué que les nouvelles technologies utilisées permettront une meilleure gestion du trafic et une réduction des risques d’accidents. « Nous intégrons des systèmes de contrôle automatique des trains et des capteurs pour surveiller l’état des voies en temps réel », a-t-il précisé. Ces innovations devraient également faciliter l’interconnexion avec les futurs projets de trains à grande vitesse, comme la ligne Alger-Oran, dont les études de faisabilité sont en cours.
Impact économique et social
Les usagers, quant à eux, devraient profiter d’un service plus fiable et plus rapide. Actuellement, le train reste un moyen de transport privilégié pour des millions d’Algériens, en particulier les étudiants et les travailleurs pendulaires. La réduction des retards et l’amélioration du confort pourraient inciter davantage de citoyens à délaisser la route, où les accidents restent fréquents. Selon l’APS, 42 personnes ont perdu la vie dans des accidents de la route en une seule semaine en décembre 2025, un chiffre qui souligne l’urgence de développer des alternatives sûres.
Défis et critiques
Des usagers interrogés par des médias locaux expriment également leur scepticisme. « Les promesses de modernisation, on les entend depuis des années, mais sur le terrain, rien ne change vraiment », confie un voyageur régulier entre Alger et Constantine. La SNTF devra donc non seulement tenir ses engagements en matière de délais, mais aussi restaurer la confiance des citoyens en communiquant de manière transparente sur l’avancement des travaux.
Vers une intégration régionale
La modernisation du réseau algérien pourrait ainsi positionner le pays comme un hub ferroviaire en Afrique du Nord, facilitant les échanges économiques et humains. Pour y parvenir, il faudra cependant surmonter les obstacles techniques, financiers et diplomatiques qui persistent.
En attendant, les Algériens espèrent que ces travaux apporteront enfin une amélioration tangible à leur quotidien, en rendant les déplacements plus sûrs, plus rapides et plus confortables.