Le Cameroun compte désormais 3,7 millions d’acteurs dans le secteur informel selon les dernières données disponibles, rapportées récemment par Africa24 TV. Ce chiffre, qui dépasse largement les estimations précédentes, met en lumière l’ampleur de cette économie parallèle dans l’un des pays les plus dynamiques d’Afrique centrale. Pour les entrepreneurs algériens, ce modèle économique soulève des questions sur la gestion des très petites entreprises et l’accompagnement nécessaire à ces acteurs.
Une économie parallèle en expansion
Le secteur informel camerounais emploie une part significative de la population active, souvent sans protection sociale ni accès au crédit bancaire formel. Selon Africa24 TV, ces 3,7 millions d’acteurs représentent une force de travail essentielle pour l’économie locale, mais aussi un défi en termes de formalisation et de réglementation. Les commerçants ambulants, les artisans et les petits producteurs composent l’essentiel de ce tissu, avec des revenus souvent irréguliers et des conditions de travail précaires.
Cette situation n’est pas sans rappeler les défis rencontrés en Algérie, où le secteur informel occupe également une place centrale, notamment dans les grandes villes comme Alger, Oran ou Constantine. Les entrepreneurs algériens, qu’ils soient établis ou en phase de création, doivent composer avec cette réalité économique qui influence directement les opportunités et les contraintes du marché.
Des similitudes avec l’Algérie
En Algérie, le secteur informel est estimé à près de 40 % du PIB selon certaines sources officielles. Les petits commerces, les services de réparation et les activités de vente à la sauvette forment le cœur de cette économie non structurée. Contrairement au Cameroun, où le gouvernement camerounais tente de mieux encadrer ce secteur, l’Algérie oscille entre des mesures de répression – comme les campagnes de régularisation ponctuelles – et des tentatives d’intégration progressive.
Les entrepreneurs algériens, en particulier ceux qui évoluent dans les PME, sont souvent confrontés à la concurrence déloyale des acteurs informels, qui échappent aux charges sociales et fiscales. Pourtant, ces mêmes acteurs participent activement à l’approvisionnement des marchés locaux, créant ainsi un écosystème parallèle difficile à ignorer. Pour les créateurs d’entreprise en Algérie, comprendre ce fonctionnement est essentiel pour adapter leurs stratégies commerciales.
L’exemple camerounais : quelles leçons pour l’Algérie ?
Le Cameroun, avec ses 3,7 millions d’acteurs informels, montre que même dans un pays en développement, l’économie parallèle peut atteindre une échelle comparable à celle de certains pays européens en termes d’emploi. Cette réalité impose aux autorités de repenser les politiques publiques. En Algérie, des initiatives comme le programme « Moukawalati » ou les dispositifs d’accompagnement des jeunes entrepreneurs visent à réduire l’attrait du secteur informel en offrant des alternatives viables.
Cependant, le succès de ces mesures dépend largement de leur accessibilité. En Algérie, les entrepreneurs issus de la diaspora algérienne pourraient jouer un rôle clé en investissant dans des projets structurants, tout en bénéficiant des dispositifs d’aide à l’installation. Les retours d’expérience camerounais montrent que la formalisation progressive, combinée à un meilleur accès au financement, peut transformer une partie de ces acteurs en véritables PME.
Un modèle à observer de près
Pour les entrepreneurs algériens, l’évolution du secteur informel au Cameroun est un cas d’étude pertinent. Elle illustre l’équilibre délicat entre contrôle et accompagnement, ainsi que l’importance de l’intégration économique des couches les plus vulnérables. En Algérie, où les disparités régionales freinent souvent l’accès aux opportunités, des solutions similaires pourraient être envisagées pour canaliser cette énergie entrepreneuriale vers des secteurs plus productifs.
Les acteurs informels camerounais, malgré leurs difficultés, contribuent à la résilience de l’économie locale. En Algérie, leur équivalent représente une ressource sous-exploitée, capable de dynamiser les zones rurales et périurbaines si des mécanismes adaptés sont mis en place.
À retenir pour les entrepreneurs
Le secteur informel camerounais emploie 3,7 millions de personnes, soit un tiers de sa population active. En Algérie, il représente près de 40 % du PIB selon certaines estimations officielles. Les entrepreneurs algériens doivent intégrer cette réalité dans leurs stratégies pour concurrencer ou collaborer avec ces acteurs.
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