Revue de presse : Hôpitaux Algérie, Bourse Alger, Recherche scientifique Algérie…

**L’Algérie, laboratoire d’une modernité sous tension**

Le fil rouge ? Une Algérie qui oscille entre deux modèles : celui d’une puissance régionale assumant son leadership par l’innovation et la maîtrise des chaînes de valeur, et celui d’un État rentier, dont les réflexes sécuritaires et bureaucratiques étouffent les dynamiques endogènes. Cette schizophrénie n’est pas nouvelle, mais elle s’exacerbe dans un contexte mondial marqué par la fragmentation des alliances, la course aux technologies critiques, et l’urgence climatique. L’Algérie, avec ses 44 millions d’habitants et ses ressources stratégiques, est condamnée à choisir. Le fera-t-elle à temps ?

**LA SANTÉ, MIROIR DES FRACTURES SOCIALES**

La question du financement est centrale. Le secteur pharmaceutique algérien, incarné par Biopharm, gagne en reconnaissance internationale, mais son écosystème reste fragile. Comme le souligne l’étude sur la Mauritanie, le renforcement du secteur santé passe par un engagement multisectoriel – or, en Algérie, les silos administratifs et les logiques de rente freinent toute approche intégrée. Résultat : les innovations restent cantonnées à des niches, tandis que le système dans son ensemble dépend encore des importations (médicaments, équipements) et des évacuations sanitaires à l’étranger – un comble pour un pays qui ambitionne de devenir un hub médical régional.

**La santé mentale, angle mort d’une société sous pression**

Ici, la santé rejoint la question plus large de l’éducation et de la recherche. L’Algérie dépense des milliards dans des projets pharaoniques (comme la Grande Mosquée d’Alger), mais peine à financer des programmes de prévention en santé mentale. Pourtant, c’est là que se joue une partie de son avenir démographique : une jeunesse en détresse psychologique est une jeunesse moins productive, plus encline à l’émigration ou à la radicalisation.

**L’ÉCONOMIE, ENTRE RENTE ET DIVERSIFICATION**

Pourtant, les projections du FMI placent l’Algérie parmi les 10 pays les plus riches d’Afrique en 2031 – à condition qu’elle diversifie son économie. Or, la dépendance aux hydrocarbures (90 % des exportations) persiste, malgré les discours sur la transition énergétique. Le paradoxe est saisissant : l’Algérie dispose d’un ensoleillement parmi les plus élevés au monde, mais son mix énergétique reste dominé par le gaz. Les coopérations pétrolières avec le Tchad (120 millions USD d’échanges prévus en 2025) montrent que l’État algérien mise encore sur les énergies fossiles pour financer sa transition… vers les énergies renouvelables.

**Banques et crédit : le piège de la dette facile**

Le limogeage de Lisa Cook à la Fed américaine, bien que lointain, est un rappel utile : les banques centrales sont des acteurs clés de la souveraineté économique. En Algérie, la Banque d’Algérie a longtemps été un instrument de contrôle politique plutôt qu’un levier de développement. Aujourd’hui, alors que l’inflation ronge le pouvoir d’achat et que le dinar se déprécie, la question se pose : l’Algérie peut-elle se permettre une politique monétaire indépendante, ou restera-t-elle prisonnière des cycles des matières premières ?

**GÉOPOLITIQUE : L’ALGÉRIE, PUISSANCE RÉGIONALE EN QUÊTE DE LEVIERS**

Pourtant, l’Algérie tente de jouer la carte de la coopération régionale. La base aérienne de Bir Anzarane, renforcée au cœur du Sahara, et les accords avec la Tunisie montrent une volonté de sécuriser ses frontières tout en affirmant son influence. Mais cette stratégie se heurte à deux écueils :
1. La fragmentation du Maghreb : Les tensions avec le Maroc (sur le Sahara occidental) et la Libye (divisée entre factions rivales) rendent toute intégration régionale illusoire.
2. La dépendance technologique : L’Algérie achète des drones chinois, mais ne maîtrise pas leur production. À long terme, cette dépendance pourrait s’avérer aussi dangereuse que celle aux hydrocarbures.

**L’énergie, arme diplomatique et talon d’Achille**

Le vrai défi est ailleurs : devenir un leader des énergies renouvelables en Afrique. Avec un potentiel solaire et éolien énorme, l’Algérie pourrait exporter de l’électricité verte vers l’Europe, comme le fait déjà le Maroc. Mais pour cela, il faudrait :
Investir massivement dans les infrastructures (centrales solaires, réseaux intelligents).
Former des ingénieurs et des techniciens – or, le système éducatif algérien, malgré quelques pôles d’excellence, reste en retard sur ces enjeux.
Lutter contre la corruption, qui gangrène les grands projets (comme le scandale Sonelgaz).

**INNOVATION ET RECHERCHE : LE GRAND DÉCALAGE**

Ce débat linguistique cache une question plus profonde : l’Algérie est-elle prête à accepter les changements culturels nécessaires à son développement ? L’innovation ne se décrète pas ; elle suppose une société ouverte, critique, et connectée au monde. Or, l’Algérie reste marquée par des réflexes conservateurs (censure des réseaux sociaux, méfiance envers les influences étrangères) qui freinent son adaptation.

**La recherche, parent pauvre de la souveraineté**

Le problème ? L’absence de politique scientifique cohérente. Les budgets de la recherche sont ridicules (moins de 0,5 % du PIB), les laboratoires manquent de moyens, et les passerelles entre université et industrie sont quasi inexistantes. Résultat : les innovations restent confinées aux laboratoires,

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