Revue de presse : Élections Algérie, Diversification économique Algérie, Relations Algérie Tunisie…

**L’Algérie à l’épreuve de ses propres paradoxes**

Ce qui frappe d’emblée, c’est l’absence de hasard dans cette juxtaposition de faits. Derrière les condamnations de candidats à la présidentielle, les louanges de la Banque mondiale, ou les hommages rendus à la JSK, se joue une partie d’échecs où chaque pièce avance selon une logique implacable : celle d’un système qui tente de concilier stabilité autoritaire et légitimité internationale, tout en répondant aux urgences sociales par des mesures spectaculaires mais souvent désarticulées. L’Algérie est un pays où l’on construit des hôpitaux d’oncologie par décret présidentiel, mais où l’on emprisonne ceux qui osent contester le pouvoir ; où l’on vante la diversification économique tout en maintenant une dépendance aux hydrocarbures ; où l’on célèbre la diaspora tout en compliquant la vie de ses membres.

Cette revue de presse n’est pas un simple inventaire. C’est une radiographie des tensions qui structurent l’Algérie aujourd’hui, entre verticalité du pouvoir et horizontalité des dynamiques sociales, entre héritage postcolonial et tentations néolibérales, entre fierté nationale et réalisme géopolitique.

**## La Machine Répressive : Quand l’État Algérien Juge ses Opposants**

Pourtant, cette répression ciblée révèle une faille dans l’édifice. Si l’État algérien était aussi sûr de sa légitimité qu’il le prétend, pourquoi aurait-il besoin d’emprisonner des candidats marginaux ? La réponse tient en un mot : peur. Peur de la contagion tunisienne, où la révolution de 2011 a montré que même les régimes les plus verrouillés peuvent vaciller. Peur, aussi, de la jeunesse algérienne, dont le mécontentement s’exprime moins dans les urnes que dans les rues, les réseaux sociaux, ou l’exil. Les dix ans de prison requis contre Sahli et ses coaccusés ne sont pas une fin en soi, mais un avertissement : en Algérie, la politique reste un sport dangereux.

Cette répression judiciaire n’est pas sans lien avec les autres actualités. Elle explique, par exemple, pourquoi la Banque mondiale peut saluer les « performances spectaculaires » de l’Algérie tout en fermant les yeux sur l’absence de libertés politiques. Elle éclaire aussi les difficultés des Algériens de l’étranger, dont certains, comme cette famille bloquée au Canada, se retrouvent pris dans les mailles d’un système administratif aussi opaque que répressif. Enfin, elle jette une ombre sur les projets de diversification économique : comment attirer les investisseurs étrangers quand le pays est régulièrement épinglé pour ses atteintes aux droits humains ?

**## L’Économie Algérienne : Entre Diversification et Dépendance**

Le projet STED-AMT, piloté par Rachaâ Bedjaoui Chaouche, est emblématique de cette tension. Ce programme vise à moderniser le secteur des transports et à développer les énergies renouvelables, deux piliers essentiels pour réduire la dépendance aux hydrocarbures. Pourtant, son succès dépendra de la capacité de l’Algérie à attirer des investissements étrangers – ce qui, dans un contexte de répression politique et de bureaucratie kafkaïenne, relève du défi. La Banque mondiale elle-même souligne que la croissance algérienne reste « vulnérable aux chocs externes », une manière polie de dire que le pays n’a pas encore rompu avec sa malédiction des ressources.

Cette dépendance économique a des répercussions directes sur d’autres domaines. Par exemple, le tourisme, qui pourrait être un levier de diversification, reste entravé par des infrastructures vieillissantes et une image internationale ternie par les restrictions politiques. Les hôtels les plus réservés par les voyageurs étrangers en février – souvent des établissements haut de gamme comme ceux de Marriott ou Hilton – sont des bulles de confort qui ne reflètent pas la réalité d’un secteur encore largement informel. Quant au développement agricole, évoqué à travers le projet de carte de fertilité au Cameroun, il rappelle que l’Algérie, malgré ses terres arables, importe encore une grande partie de ses besoins alimentaires – une aberration pour un pays qui fut le grenier à blé de Rome.

**## La Santé : Entre Décrets Présidentiels et Réalité du Terrain**

La réception du directeur régional de l’UNICEF par le secrétaire général du ministère de la Santé est révélatrice de cette dualité. L’Algérie veut se présenter comme un acteur régional en matière de santé publique, mais elle dépend encore largement de l’aide internationale pour des domaines comme la vaccination ou la lutte contre la malnutrition. Le contraste est saisissant avec la Tunisie, qui s’allie à Philips pour moderniser ses hôpitaux, ou Maurice, qui accélère la numérisation de son système de santé. Ces pays ont compris que la santé est un enjeu à la fois social et économique : une population en bonne santé est une population productive.

Pourtant, l’Algérie a les moyens de faire mieux. Son système de santé, hérité de l’époque socialiste, était autrefois l’un des plus performants du continent. Mais trente ans de libéralisation sauvage, de corruption et de désengagement de l’État ont laissé des traces. Les hôpitaux publics, sous-financés, peinent à recruter des médecins, tandis que les cliniques privées, réservées à une élite, prospèrent. La stratégie nationale contre le cancer, si elle se concrétise, pourrait être un pas dans la bonne direction – à condition que les décrets présidentiels soient suivis d’effets concrets, et que les moyens humains et financiers suivent.

**## La Diaspora Algérienne : Entre Ressource et Boulet**

Cette méfiance envers la diaspora s’explique en partie par la peur du pouvoir algérien : une communauté nombreuse et éduquée, souvent critique envers le régime, représente une menace potentielle. D’où les obstacles bureaucratiques, les lenteurs dans le traitement des dossiers, ou les restrictions sur les transferts d’argent. Pourtant, cette politique est contre-productive. En décourageant les Algériens de l’étranger de s’investir dans leur pays d’origine, l’État se prive d’un levier de développement essentiel.

La diaspora est aussi un pont vers l’Afrique subsaharienne, un continent où l’Algérie cherche à étendre son influence. Les projets agricoles, comme celui du Ceneema au Cameroun, montrent que l’Algérie a des atouts à faire valoir – notamment en matière de sécurité alimentaire. Mais là encore, les contradictions apparaissent : comment promouvoir le développement agricole en Afrique tout en important massivement des denrées alimentaires ?

**## Culture et Sport : Les Deux Visages de la Fierté Nationale**

Le football, lui, est un autre terrain de fierté nationale. Le parcours de l’équipe algérienne en Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 est scruté avec passion, car il offre une échappatoire à une jeunesse en quête de héros. La JSK, club mythique de Kabylie, a même reçu un hommage de la France, preuve que le football algérien dépasse les frontières. Pourtant, derrière ces succès sportifs se cache une réalité moins glorieuse : le football algérien reste miné par la corruption, les détournements de fonds, et l’ingérence politique. Les stades sont souvent les seuls espaces où la colère populaire peut s’exprimer, comme lors du

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