Revue de presse : Commerce Algérie, Sécurité Algérie, Transition énergétique Algérie…

**L’Algérie à l’épreuve de ses propres paradoxes**

Le fil rouge qui traverse ces dix domaines ? Une crise de souveraineté – économique, culturelle, et même existentielle. L’Algérie oscille entre la tentation de l’ouverture (énergétique, commerciale, sportive) et le réflexe de la fermeture (protectionnisme, contrôle social, méfiance envers les droits des minorités). Cette dialectique n’est pas nouvelle, mais elle atteint aujourd’hui un point de rupture, où chaque avancée semble immédiatement contredite par un recul.

**L’énergie : le nouveau champ de bataille géopolitique**

Pourtant, cette diplomatie verte cache mal une réalité moins reluisante. La « transition » dont parle le pays reste largement théorique. Les investissements dans les énergies renouvelables peinent à décoller, et le modèle économique algérien dépend toujours à 90 % des hydrocarbures. Pire : la coopération avec l’Italie sur la sécurité énergétique, évoquée par Adjal, révèle une dépendance croissante aux partenariats européens, alors même que l’Algérie clame sa volonté d’indépendance économique.

Question cruciale : cette stratégie est-elle durable ? Ou l’Algérie joue-t-elle un jeu dangereux, où elle mise sur son gaz pour financer une transition qu’elle ne maîtrise pas, tout en s’endettant auprès de ses partenaires étrangers ?

**Féminicides et justice : l’impunité comme système**

Pourquoi un tel décalage entre le droit et la réalité ? Parce que la justice algérienne, malgré ses velléités de modernisation, reste prisonnière de deux logiques contradictoires :
1. Une logique sécuritaire, où l’État privilégie le contrôle social (comme en témoigne la répression des LGBTQ+ en Irak ou au Sénégal, qui rappelle les débats algériens sur la dépénalisation de l’homosexualité).
2. Une logique patriarcale, où les violences conjugales sont encore souvent considérées comme des « affaires privées ».

Le résultat ? Une culture de l’impunité qui se renforce, malgré les mobilisations féministes de plus en plus visibles. Le tabou commence à se fissurer (comme en Tunisie), mais l’Algérie reste un pays où une femme peut être tuée pour avoir refusé un mariage, sans que cela ne provoque de véritable électrochoc national.

**Commerce et importations : le grand jeu de l’autosuffisance illusoire**

Prenons l’exemple des exportations agroalimentaires françaises vers l’Algérie, en chute libre (-16 % en 2024-2025). Cette baisse n’est pas seulement conjoncturelle : elle reflète une stratégie délibérée de substitution aux importations, dans un contexte de pénurie de devises. Pourtant, cette politique protectionniste se heurte à deux limites :
1. L’Algérie n’a pas les capacités industrielles pour remplacer les produits importés (d’où la persistance des pénuries de médicaments, de pièces détachées, etc.).
2. Les consommateurs algériens, habitués à une certaine qualité, se tournent vers le marché informel (contrebande, produits de contrebande), ce qui affaiblit encore l’économie formelle.

La visite de la Première ministre italienne en Algérie, en mars 2026, illustre cette tension. L’Italie, comme l’Europe, cherche à sécuriser ses approvisionnements énergétiques, mais aussi à écouler ses produits agroalimentaires. L’Algérie, elle, veut exporter son gaz tout en limitant ses importations. Qui cédera le premier ?

**Culture et sport : les nouveaux terrains de la soft power algérienne**

Pourtant, cette stratégie culturelle bute sur une contradiction majeure : l’Algérie veut exporter son patrimoine, mais contrôle strictement sa production culturelle. Les artistes algériens qui critiquent le pouvoir (comme les rappeurs ou les cinéastes) sont souvent censurés, tandis que les manifestations officielles mettent en avant un folklore aseptisé. Résultat : la culture algérienne, riche et subversive, peine à trouver sa place sur la scène internationale.

Le sport, lui, offre une échappatoire. La qualification de l’Algérie pour la CAN 2025 de basket 3×3, ou la participation aux Jeux méditerranéens de Taranto en 2026, sont des occasions de briller. Mais là encore, le paradoxe est frappant : l’Algérie forme des athlètes de haut niveau, mais ses infrastructures sportives restent vétustes (comme en témoigne l’état des stades ou des salles de sport). Le sport est un outil de diplomatie, mais aussi un révélateur des inégalités sociales.

**Transports et mobilité : le miroir des inégalités**

Le cas de Sogral, qui facilite l’achat de billets de train, est révélateur : l’Algérie modernise ses infrastructures, mais au prix d’une marchandisation croissante des services publics. Les transports deviennent un secteur lucratif, où les usagers sont de plus en plus considérés comme des clients plutôt que comme des citoyens.

Cette logique s’étend à d’autres domaines :
L’énergie : la transition verte est présentée comme une opportunité économique, mais qui en paiera le prix ? Les classes populaires, déjà frappées par la hausse des prix de l’électricité ?
La culture : les salons de l’artisanat sont subventionnés, mais les artistes indépendants peinent à survivre.

L’Algérie est-elle en train de devenir une société à deux vitesses, où les élites profitent des opportunités économiques, tandis que le reste de la population subit les effets de la précarité ?

**Synthèse prospective : vers une Algérie fracturée ?**

1. Une diplomatie énergétique ambitieuse, mais fragile : l’Algérie se positionne comme un acteur clé en Afrique, mais sa dépendance aux hydrocarbures la rend vulnérable aux fluctuations des marchés. La transition verte, si elle n’est pas accélérée, pourrait devenir un boulet plutôt qu’un levier.

2. Une société en ébullition, mais muselée : les mobilisations féministes et les revendications LGBTQ+ gagnent en visibilité, mais la répression judiciaire et sociale reste forte. Le risque ? Une radicalisation des mouvements contestataires, comme on l’a vu en Tunisie avec les débats sur les féminicides.

3. Une économie en quête d’autosuffisance, mais toujours dépendante : le protectionnisme algérien protège certains secteurs, mais étouffe l’innovation et maintient le pays dans une logique de rente. Sans diversification réelle, l’Algérie pourrait connaître une crise des devises similaire à celle de 2014-2016.

4. Une culture et un sport instrumentalisés : l’Algérie mise sur son soft power pour améliorer son image, mais contrôle trop strictement sa production culturelle. Le risque ? Une perte de crédibilité sur la scène internationale.

Scénarios pour l’avenir :
Le scénario optimiste : l’Algérie parvient à négocier un nouveau pacte social, où la transition énergétique financerait une diversification économique, tandis que les droits des femmes et des minorités progresseraient. Le pays deviendrait un modèle de développement pour l’Afrique.
Le scénario pessimiste : les tensions sociales s’aggravent, la crise économique s’approfondit, et l’Algérie sombre dans une instabilité chronique, entre autoritarisme et contestation violente.
Le scénario le plus probable : une Algérie fracturée, où une élite connectée profite des opportunités économiques, tandis que

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