Revue de presse : Commerce Algérie, Logement Algérie, Irrigation Algérie…

**L’Algérie en mouvement : une symphonie inachevée**

Cette tension n’est pas nouvelle. Elle rappelle les analyses de Frantz Fanon sur les sociétés postcoloniales, condamnées à « sauter » des étapes historiques pour rattraper leur retard, tout en portant le poids de structures héritées. Aujourd’hui, le pays semble vouloir incarner à la fois la puissance régionale et le laboratoire des possibles africains, sans toujours assumer les contradictions que cela implique.

**L’économie algérienne : entre hubs et dépendances**

D’abord, la persistance d’une économie rentière. Malgré les discours sur la diversification, les hydrocarbures représentent toujours plus de 90 % des exportations. Les infrastructures portuaires (extension de Djen Djen, centre de fret d’Alger) et les projets d’irrigation (transfert des eaux de Beni Haroun, dessalement à El Tarf) sont des investissements nécessaires, mais ils restent tributaires des revenus pétroliers. Comme le soulignait Frédéric Lordon, une économie dépendante des matières premières est une économie capturée – par les cours mondiaux, par les élites extractives, par les logiques court-termistes.

Ensuite, le décalage entre les annonces et la réalité du terrain. Le Hub of Excellence de Ouargla, incubateur high-tech dans une région désertique, est emblématique : comment attirer des talents et des investissements dans des zones où les infrastructures de base (logement, transports, éducation) restent déficientes ? La question du logement, justement, est révélatrice. Malgré les programmes gouvernementaux, les bidonvilles persistent, et l’accès à un habitat décent reste un marqueur des inégalités sociales.

**Les startups, ou l’illusion du "miracle algérien"**

D’un côté, des initiatives prometteuses : Qene Games, qui s’appuie sur Ethio Telecom pour distribuer des jeux mobiles africains, montre que l’Algérie peut jouer un rôle dans l’économie numérique régionale. De l’autre, des freins structurels. Les startups algériennes manquent cruellement de financement, de cadre juridique stable et de connexion aux écosystèmes internationaux. Pire, elles évoluent dans un environnement où l’innovation est souvent perçue comme une menace par les acteurs traditionnels. Comme le notait Idriss Aberkane, une économie de la connaissance ne se décrète pas : elle se construit par l’éducation, la liberté d’entreprendre et la circulation des idées – trois domaines où l’Algérie accuse un retard persistant.

**Santé et recherche : entre avancées et archaïsmes**

La référence à Frantz Fanon, à l’occasion du centenaire de sa naissance, est ici ironique. Le psychiatre martiniquais dénonçait les effets psychiques de l’oppression coloniale ; aujourd’hui, les Algériens subissent une autre forme d’aliénation : celle d’un système de santé à deux vitesses, où l’accès aux soins dépend de son portefeuille ou de ses relations. Les « importantes décisions » annoncées par le Conseil des ministres en matière de recherche médicale ne suffiront pas à combler ce fossé. Comme le soulignait Aurélien Barrau, une société se juge à la manière dont elle traite ses plus vulnérables – et sur ce point, l’Algérie a encore des progrès à faire.

**La recherche médicale, otage de la bureaucratie**

**Droits humains et société civile : le grand refoulement**

La question de la liberté religieuse est particulièrement sensible. L’Algérie, pays à majorité musulmane, a une longue tradition de coexistence avec les minorités chrétiennes et juives. Pourtant, ces dernières années, les restrictions se sont multipliées : fermetures d’églises, pressions sur les convertis, interdiction des cultes non reconnus. Le Vatican, en appelant à la défense des libertés religieuses, met le doigt sur une contradiction : comment un pays qui se présente comme un leader africain peut-il tolérer de telles atteintes aux droits fondamentaux ?

**Les femmes, entre avancées symboliques et violences systémiques**

Les obstacles à la participation des femmes en politique ne sont pas seulement culturels : ils sont aussi structurels. Comme le montre l’exemple des pays voisins (Égypte, Maroc, Tunisie), l’autonomisation économique des femmes passe par des réformes juridiques, mais aussi par un changement des mentalités. En Algérie, ce changement est lent, freiné par des logiques patriarcales qui traversent tous les milieux, y compris les élites.

**Infrastructures : le béton contre l’humain ?**

D’abord, celle de leur utilité sociale. À quoi bon un centre de fret ultra-moderne à Alger si les petites entreprises locales n’ont pas accès aux crédits pour exporter ? À quoi bon un barrage comme celui de Beni Haroun si les populations locales n’ont pas accès à l’eau potable ? Comme le rappelait George Steiner, le progrès technique ne vaut que s’il est au service de l’humain – et en Algérie, ce lien est souvent rompu.

Ensuite, celle de leur financement. Ces infrastructures sont largement financées par la rente pétrolière, ce qui les rend vulnérables aux fluctuations des cours. Pire, elles créent une dépendance accrue aux importations de technologies et de savoir-faire étrangers, au détriment du développement local.

**Made in Algeria : l’industrie du rêve ?**

D’abord, le manque de formation. Les écoles de jeu vidéo sont rares, et les compétences techniques manquent cruellement. Ensuite, l’absence de financement. Les startups algériennes peinent à trouver des investisseurs locaux, et les banques traditionnelles restent frileuses. Enfin, la concurrence régionale est féroce : le Maroc, avec sa stratégie de « licornes », est déjà bien en avance.

**L’exportation, ou l’éternel retour du même**

**Conclusion : l’Algérie à la croisée des chemins**

1. L’ouverture et le repli : D’un côté, une volonté de s’inscrire dans la mondialisation (salons africains, startups, infrastructures) ; de l’autre, une méfiance persistante envers l’étranger (restrictions des libertés, contrôle des médias, bureaucratie).
2. L’innovation et l’archaïsme : Entre les incubateurs high-tech et les hôpitaux vétustes, entre les startups et les bidonvilles, l’Algérie avance à deux vitesses.
3. La puissance et la vulnérabilité : Forte de ses ressources naturelles et de sa position géostratégique, l’Algérie reste dépendante des cours du pétrole et des aléas politiques.

Pour sortir de cette impasse, le pays dev

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