Le ministère de la Jeunesse et des Sports a lancé cette semaine un vaste programme de réhabilitation et de modernisation des infrastructures sportives en Algérie. Selon horizons.dz, ce projet vise à mettre aux normes internationales plusieurs stades et complexes sportifs à travers le pays, avec une échéance fixée à 2026. Les travaux concernent notamment les enceintes destinées à accueillir des compétitions continentales et régionales.
Le stade du 5-Juillet à Alger figure parmi les priorités. Ce site emblématique, qui a accueilli des événements majeurs comme la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) en 1990, doit subir une rénovation complète de ses gradins, de ses vestiaires et de ses systèmes de sécurité. D’après les déclarations officielles, les travaux incluront également l’installation de nouveaux écrans géants et d’un éclairage conforme aux standards de la FIFA et de la CAF. Le coût estimé de cette rénovation s’élève à plus de 12 milliards de dinars, selon des sources proches du dossier.
À Oran, le stade Ahmed-Zabana bénéficiera lui aussi d’une modernisation. Ce stade, qui a accueilli des matchs de la CAN 2022, verra ses infrastructures améliorées pour répondre aux exigences des compétitions internationales. Les travaux prévoient la réfection des pistes d’athlétisme, la rénovation des tribunes et l’amélioration des accès pour les personnes à mobilité réduite. Le ministère a indiqué que ces aménagements permettront d’accueillir des événements comme les Jeux méditerranéens ou les Jeux africains dans des conditions optimales.
Dans l’est du pays, le stade du 19-Mai à Annaba et le stade du 24-Février à Sidi Bel Abbès sont également concernés par ce programme. À Annaba, les travaux porteront sur la rénovation des vestiaires et des espaces dédiés aux médias, tandis qu’à Sidi Bel Abbès, l’accent sera mis sur la modernisation des systèmes de sonorisation et de vidéosurveillance. Ces stades, bien que moins médiatisés que ceux d’Alger ou d’Oran, jouent un rôle clé dans le développement du sport local et régional.
Le ministère de la Jeunesse et des Sports a également annoncé la construction de nouveaux complexes sportifs dans plusieurs wilayas. À Constantine, un complexe multisports sera érigé pour accueillir des compétitions de handball, de basket-ball et de volley-ball. Ce projet, d’un coût estimé à 8 milliards de dinars, comprendra une salle omnisports de 5 000 places, des terrains de football et des espaces dédiés à la pratique amateur. À Tlemcen, un centre de formation pour jeunes athlètes verra le jour, avec des infrastructures adaptées aux sports individuels et collectifs.
Les autorités algériennes justifient ces investissements par la nécessité de préparer l’Algérie à l’organisation de grands événements sportifs. Le pays a récemment exprimé son intérêt pour l’accueil de la CAN 2027 ou des Jeux africains de 2027. Selon des experts cités par l’APS, ces rénovations sont indispensables pour répondre aux critères stricts imposés par les fédérations internationales. Sans ces mises aux normes, l’Algérie risquerait de perdre des opportunités de candidature pour ces compétitions.
Cependant, certains observateurs soulignent les défis logistiques et financiers que représente un tel programme. Les retards dans les travaux publics et les contraintes budgétaires pourraient compliquer le respect des délais. Un responsable du ministère, sous couvert d’anonymat, a reconnu que certains projets pourraient prendre plus de temps que prévu en raison des procédures administratives et des appels d’offres. Malgré ces obstacles, le gouvernement semble déterminé à mener à bien ces rénovations, comme en témoigne l’allocation de budgets supplémentaires dans la loi de finances 2025.
Sur le terrain, les fédérations sportives algériennes accueillent favorablement ces annonces. La Fédération algérienne de football (FAF) a salué l’initiative, estimant que des infrastructures modernes sont essentielles pour le développement du football local et la préparation des équipes nationales. Le président de la FAF, Charaf-Eddine Amara, a déclaré que ces rénovations permettront aux clubs algériens de rivaliser avec leurs homologues africains et de mieux préparer les joueurs pour les compétitions internationales.
Du côté des athlètes, les réactions sont également positives. Le handballeur algérien Messaoud Berkous, capitaine de l’équipe nationale, a souligné l’importance de disposer d’infrastructures de qualité pour la formation des jeunes talents. « Des stades et des salles modernes motivent les joueurs et améliorent leurs performances. C’est une excellente nouvelle pour le sport algérien », a-t-il déclaré à la radio algérienne.
Les travaux de réhabilitation s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à promouvoir le sport en Algérie. Le ministère de la Jeunesse et des Sports a lancé plusieurs programmes pour encourager la pratique sportive chez les jeunes, notamment dans les zones rurales. Ces initiatives incluent la construction de terrains de proximité et l’organisation de compétitions locales. Selon les chiffres officiels, plus de 2 millions de jeunes algériens pratiquent régulièrement un sport, un chiffre que le gouvernement souhaite augmenter.
En parallèle, les autorités misent sur le sport comme levier de développement économique et social. L’organisation de grands événements sportifs est perçue comme un moyen de dynamiser le tourisme et de créer des emplois. À titre d’exemple, la CAN 1990 avait attiré des milliers de visiteurs et généré des retombées économiques significatives pour le pays. Les responsables espèrent que les rénovations en cours permettront de reproduire ce succès à l’avenir.
Malgré l’enthousiasme général, certains critiques pointent du doigt le manque de transparence dans la gestion des fonds alloués à ces projets. Des associations de la société civile ont appelé à une meilleure supervision des travaux pour éviter les dépassements de coûts et les retards. Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Abderrazak Sebgag, a répondu à ces préoccupations en assurant que des mécanismes de contrôle stricts seraient mis en place pour garantir la bonne exécution des projets.
En conclusion, le programme de réhabilitation et de modernisation des infrastructures sportives en Algérie représente un enjeu majeur pour le pays. Si les défis sont nombreux, les bénéfices potentiels pour le sport national et l’économie locale sont considérables. Les prochains mois seront décisifs pour évaluer l’avancement des travaux et leur impact sur la préparation des grands événements sportifs à venir.