Recyclage des déchets, un trillion de dinars à saisir

Un marché de 207 milliards de dinars pour les entrepreneurs

En 2024, le secteur du recyclage des déchets en Algérie a révélé un potentiel économique colossal : 207 milliards de dinars selon les estimations officielles. Des chiffres qui ne laissent pas indifférent les acteurs économiques, surtout à l’heure où le pays cherche à diversifier son économie et à réduire sa dépendance aux hydrocarbures. Le marché, longtemps sous-exploité, s’ouvre désormais aux investisseurs locaux et à la diaspora algérienne souhaitant se lancer dans une filière porteuse.

Les données proviennent d’un rapport publié par le ministère de l’Environnement, qui chiffre les déchets produits annuellement en Algérie à plus de 13 millions de tonnes. Seulement 12 % de ce volume est actuellement recyclé, laissant une marge de progression significative. Pour les entrepreneurs, cela signifie un gisement de matières premières secondaires (plastiques, verre, métaux, papiers) directement disponibles, avec un potentiel de transformation locale plutôt que d’exportation brute.

Les acteurs institutionnels misent sur des partenariats publics-privés

Le gouvernement algérien a récemment accéléré les réformes pour attirer les investissements dans ce secteur. En 2025, une nouvelle loi sur la gestion des déchets a été adoptée, introduisant des incitations fiscales pour les entreprises engagées dans le recyclage. Parmi les mesures phares, la réduction de 50 % de l’impôt sur les sociétés pendant cinq ans pour les projets dans ce domaine, ainsi que des subventions couvrant jusqu’à 30 % des coûts d’investissement.

Les wilayas de Alger, Oran et Constantine sont identifiées comme des zones prioritaires pour les projets de recyclage. À Alger, la wilaya a lancé un appel à projets en 2024 pour la création de trois centres de tri et de valorisation, avec un budget de 1,5 milliard de dinars. À Oran, c’est la récupération des plastiques qui est ciblée, avec un objectif de 90 % de recyclage d’ici 2030.

Pour les entrepreneurs, ces initiatives offrent une visibilité immédiate. Les partenariats avec les collectivités locales sont encouragés, avec des baux fonciers à tarifs préférentiels pour les infrastructures de recyclage. La Sonatrach, par exemple, a récemment signé un accord avec une entreprise privée pour recycler les déchets plastiques issus de ses opérations, montrant l’intérêt des grands groupes pour ce secteur.

La diaspora algérienne, un levier pour les transferts de technologies

La diaspora algérienne, forte de plusieurs millions de membres à travers le monde, représente un vivier de compétences et de capitaux pour le développement du recyclage en Algérie. Des entrepreneurs de la diaspora, spécialisés dans les technologies vertes en Europe ou en Amérique du Nord, commencent à investir dans des projets locaux.

Un exemple marquant est celui d’un ingénieur algérien installé en France, qui a monté en 2025 une entreprise de recyclage des batteries lithium-ion à Sétif. Son projet, soutenu par l’Agence nationale de valorisation des résultats de la recherche (ANVREDET), utilise des procédés innovants pour extraire les métaux rares contenus dans les batteries. Le site, opérationnel depuis six mois, emploie déjà une trentaine de personnes et recycle 5 000 tonnes de batteries par an.

Les transferts de technologies sont facilités par des programmes comme « Algeria Green Tech », lancé en 2024 par le ministère de l’Industrie. Ce programme offre des formations et des accompagnements aux entrepreneurs locaux et de la diaspora, avec des sessions organisées en partenariat avec des centres de recherche européens. Pour les investisseurs étrangers, l’Algérie propose désormais des visas « investisseur vert », simplifiant les démarches pour les projets dans les énergies renouvelables et le recyclage.

Les défis à surmonter : logistique et sensibilisation

Malgré les opportunités, le secteur du recyclage en Algérie doit encore relever des obstacles structurels. Le premier concerne la logistique : les infrastructures de collecte et de tri restent insuffisantes, avec seulement 300 centres de tri répartis sur l’ensemble du territoire. Les entrepreneurs doivent souvent investir dans des solutions logistiques autonomes, comme des partenariats avec les ramasseurs informels, qui représentent encore 80 % de la collecte des déchets.

Un autre défi est la sensibilisation des citoyens et des entreprises. En 2025, une campagne nationale de communication a été lancée pour encourager le tri sélectif, avec des résultats mitigés. Les entrepreneurs du secteur soulignent la nécessité de renforcer les sanctions contre le non-respect des règles de tri, ainsi que des incitations financières pour les ménages et les commerces qui adoptent des pratiques durables.

Enfin, l’accès au financement reste un frein pour les PME locales. Les banques algériennes, bien que plus ouvertes aux projets verts depuis 2024, exigent souvent des garanties disproportionnées pour les entrepreneurs du recyclage. Des alternatives émergent, comme les fonds d’investissement dédiés aux énergies vertes, portés par des acteurs comme la Banque algérienne de développement (BAD) ou des fonds souverains étrangers.

À retenir pour les entrepreneurs
Le marché du recyclage en Algérie représente un potentiel de 207 milliards de dinars avec 12 % seulement des déchets actuellement valorisés. Les incitations fiscales et les partenariats publics-privés offrent des opportunités concrètes, notamment dans les wilayas d’Alger, Oran et Constantine. Les entrepreneurs locaux et de la diaspora peuvent bénéficier de programmes de transfert de technologies comme « Algeria Green Tech ».

💡 Vous créez votre entreprise en Algérie ? GlobalStart vous accompagne pas à pas : démarches, coûts réels, statuts juridiques (SARL, EURL, SPA) et immatriculation CNRC.

Créer mon entreprise Pack 10 Fiches Business — diaspora

Laisser un commentaire