Un projet pilote validé au Mali
Le projet « Go Green », lancé récemment au Mali pour créer des emplois verts destinés aux jeunes, vient de franchir une étape décisive. Selon Mali Actu, les autorités maliennes ont validé les premières cohortes de formations professionnelles dans les filières des énergies renouvelables, de l’agriculture durable et de la gestion des déchets. Cette initiative, soutenue par des partenaires internationaux, cible spécifiquement les 18-35 ans, avec un objectif de 5 000 jeunes formés d’ici fin 2025.
Les secteurs concernés incluent la production d’énergie solaire, la construction de biogaz à partir de déchets agricoles, et la réhabilitation des sols dégradés. Les premiers centres de formation ont été installés à Bamako, Sikasso et Kayes, avec des modules conçus en partenariat avec des experts locaux et des ONG spécialisées.
Des enseignements pour l’Algérie
Pour les entrepreneurs algériens, ce projet pose plusieurs questions stratégiques. D’abord, la formation professionnelle dans les filières vertes est un levier sous-exploité en Algérie, où les projets liés à l’économie circulaire ou aux énergies propres restent minoritaires malgré un potentiel avéré. Selon les dernières données du ministère de l’Industrie, seulement 3 % des startups algériennes opèrent dans le domaine des énergies renouvelables, alors que le pays affiche un objectif de 30 % d’électricité renouvelable d’ici 2030.
Ensuite, l’approche malienne mise sur la décentralisation des formations, avec des centres régionaux adaptés aux besoins locaux. En Algérie, les wilayas du Sud, comme Adrar ou Tindouf, pourraient bénéficier d’un modèle similaire pour former des jeunes aux métiers du solaire ou de la désalinisation des eaux, des secteurs déjà dynamiques mais encore trop concentrés autour d’Alger.
Enfin, le projet « Go Green » intègre une dimension entrepreneuriale forte : les participants reçoivent un accompagnement pour monter leur propre entreprise après la formation. Au Mali, des partenariats avec des banques locales permettent d’accorder des microcrédits à taux zéro pour les projets validés. Une piste à explorer pour l’Algérie, où les dispositifs de financement comme l’ANSEJ ou le CNAC pourraient être adaptés pour soutenir des initiatives similaires.
Un écosystème à renforcer
L’expérience malienne révèle aussi l’importance d’un écosystème intégré : formations, accès au financement et soutien technique sont indissociables. En Algérie, malgré l’existence de programmes comme « Takamul » ou « Mubadarat », les entrepreneurs verts se heurtent encore à des obstacles bureaucratiques et à un manque de visibilité sur les aides disponibles.
Un autre point de comparaison concerne les partenariats public-privé. Le projet « Go Green » a été rendu possible grâce à la collaboration entre le ministère malien de l’Environnement, des bailleurs de fonds internationaux et des entreprises locales du secteur privé. En Algérie, des initiatives comme le Fonds de développement des énergies renouvelables (FDER) pourraient être élargies pour inclure des acteurs privés dans des projets de formation, comme le fait déjà l’entreprise Sonelgaz en partenariat avec des universités.
La diaspora algérienne, un levier sous-utilisé
La diaspora algérienne, forte de plus de 2 millions de personnes, pourrait jouer un rôle clé dans le transfert de compétences et de technologies vers des projets comme « Go Green ». Plusieurs associations de migrants en Europe et en Amérique du Nord développent déjà des initiatives dans les énergies propres, mais leur impact reste limité faute de coordination avec les institutions algériennes.
Au Mali, des entrepreneurs de la diaspora malienne en France et aux États-Unis ont contribué à l’élaboration des programmes de formation. Une dynamique que l’Algérie pourrait reproduire en s’appuyant sur ses propres réseaux, notamment en France, en Allemagne ou au Canada, où des communautés algériennes sont actives dans les secteurs de l’ingénierie verte et de l’agroécologie.
À retenir pour les entrepreneurs
Le projet « Go Green » au Mali prouve que les formations en emplois verts peuvent être rentables si elles s’intègrent dans un écosystème complet (formation, financement, accompagnement). En Algérie, les opportunités existent, mais leur concrétisation passe par une meilleure articulation entre les acteurs publics, privés et la diaspora. Les secteurs des énergies renouvelables et de l’économie circulaire offrent des perspectives, à condition de lever les freins bureaucratiques et d’investir dans l’innovation locale.
💡 Vous créez votre entreprise en Algérie ? GlobalStart vous accompagne pas à pas : démarches, coûts réels, statuts juridiques (SARL, EURL, SPA) et immatriculation CNRC.