Priscilla Kolibea Mante, chercheuse ghanéenne en neurosciences, a développé un traitement potentiel contre l’épilepsie à base de plantes locales, une avancée qui pourrait transformer l’accès aux soins en Afrique et inspirer les entrepreneurs algériens du secteur pharmaceutique. Selon Le Monde.fr, son travail s’appuie sur des extraits de Voacanga africana, une plante utilisée traditionnellement au Ghana pour ses propriétés neuroprotectrices. Son projet, soutenu par des institutions comme l’Université des sciences et technologies Kwame Nkrumah (KNUST) et des fonds internationaux, illustre le potentiel des solutions thérapeutiques endogènes face aux défis sanitaires du continent.
Une innovation ancrée dans les ressources locales
L’Algérie dispose d’un patrimoine botanique riche, avec plus de 3 000 espèces végétales répertoriées, dont certaines sont déjà utilisées en médecine traditionnelle. Des plantes comme le Nigella sativa (cumin noir) ou l’Artemisia herba-alba (chih) pourraient faire l’objet de recherches similaires pour traiter des maladies chroniques comme le diabète ou l’hypertension. Le succès de Mante montre qu’une approche scientifique rigoureuse, combinée à une exploitation durable des ressources, peut aboutir à des solutions compétitives sur le marché pharmaceutique.
Un marché pharmaceutique en quête de souveraineté
Le projet de Priscilla Mante s’inscrit dans une tendance plus large de recherche de souveraineté pharmaceutique en Afrique. Des pays comme le Maroc, l’Égypte ou l’Afrique du Sud investissent déjà dans la production locale de médicaments génériques pour réduire leur dépendance aux importations. En Algérie, où le secteur pharmaceutique représente un marché de 3 milliards de dollars, les opportunités sont réelles pour les entrepreneurs prêts à innover. La loi de finances 2020 a d’ailleurs encouragé les investissements dans les industries locales, y compris la pharmacie, en offrant des exonérations fiscales et des facilités douanières.
Des défis à relever pour les entrepreneurs algériens
Ensuite, le financement : la recherche et développement (R&D) dans le domaine pharmaceutique exige des investissements lourds. Priscilla Mante a bénéficié de subventions internationales, comme celles du Wellcome Trust, un fonds britannique dédié à la santé. En Algérie, les startups et PME peuvent se tourner vers des dispositifs comme l’Agence nationale de valorisation des résultats de la recherche et du développement technologique (ANVREDET) ou des incubateurs comme le Centre d’innovation et d’entrepreneuriat (CIE). La diaspora algérienne, forte de ses compétences en biotechnologie et en pharmacie, pourrait aussi jouer un rôle clé en apportant des capitaux et une expertise internationale.
Enfin, la sensibilisation : les traitements à base de plantes souffrent encore d’un déficit de confiance auprès des professionnels de santé et des patients. Pour convaincre, les entrepreneurs devront communiquer sur les preuves scientifiques de leurs produits, comme le fait Mante avec ses publications dans des revues internationales. Une collaboration avec les hôpitaux et les universités algériennes, à l’image du partenariat entre la KNUST et des cliniques ghanéennes, serait un atout pour légitimer ces innovations.
L’exemple ghanéen, une source d’inspiration pour la diaspora
Le retour d’expérience de Mante montre aussi l’importance des réseaux. En s’appuyant sur des collaborations avec des laboratoires européens et des fonds internationaux, elle a pu accélérer le développement de son traitement. Les Algériens de l’étranger pourraient reproduire ce modèle en créant des ponts entre les écosystèmes scientifiques algérien et étranger, par exemple via des programmes de mentorat ou des co-entreprises.
Un secteur en pleine mutation
Les startups algériennes pourraient se spécialiser dans des niches peu exploitées, comme les médicaments à base de plantes ou les thérapies ciblant des maladies spécifiques à la région, comme les hépatites ou les maladies cardiovasculaires. Des initiatives comme Algeria Pharma, un salon dédié à l’industrie pharmaceutique, offrent des plateformes pour rencontrer des partenaires et présenter des innovations. La clé du succès résidera dans la capacité à allier recherche scientifique, modèle économique viable et respect des normes internationales.
À retenir pour les entrepreneurs
Le projet de Priscilla Mante prouve que les solutions pharmaceutiques locales peuvent concurrencer les médicaments importés, à condition de s’appuyer sur une recherche solide et des partenariats stratégiques. Pour les entrepreneurs algériens, c’est une opportunité de développer des traitements accessibles en exploitant les ressources naturelles du pays, tout en répondant aux besoins d’un marché en croissance. Les défis réglementaires et financiers restent importants, mais les dispositifs d’accompagnement et la mobilisation de la diaspora peuvent en faire des leviers de succès.
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