Un seuil abaissé, des entrepreneurs sous pression
Pour les créateurs d’entreprise, cette réforme change la donne. Un patrimoine immobilier, des actions en société ou des placements financiers pourraient désormais être taxés, même si les revenus générés sont réinvestis. Les professionnels du BTP, de l’hôtellerie ou de l’agroalimentaire, souvent propriétaires de biens à haut valeur, seront les premiers concernés. « Cette mesure pourrait inciter certains à restructurer leurs actifs avant 2027 », estime un expert-comptable basé à Alger, sous couvert d’anonymat.
Le projet de loi de finances (PLF) 2027, adopté en Conseil des ministres début octobre, précise aussi les sanctions : un retard dans la déclaration entraîne une pénalité de 10 %. Une pression supplémentaire pour les indépendants, souvent moins organisés que les grandes entreprises.
La diaspora dans le collimateur : investir ou fuir ?
Les secteurs porteurs pour la diaspora – immobilier, énergie renouvelable, services – pourraient subir un ralentissement des investissements. « Beaucoup attendaient des signes de stabilité fiscale pour revenir », souligne un consultant spécialisé dans les flux financiers transfrontaliers. Or, cette réforme envoie un signal inverse : l’État algérien élargit son filet, même si les taux restent modestes (0,2 % à 1 %).
Un point positif pour certains : les petits entrepreneurs (moins de 80 millions DA) sont épargnés. Mais la frontière entre « petit » et « grand » patrimoine reste floue. Un studio à Alger ou un commerce rentable peuvent vite faire basculer un indépendant dans la catégorie taxable.
Stratégies pour contourner… ou optimiser
1. La fuite : exporter son patrimoine
Certains opteront pour des montages offshore ou des investissements à l’étranger, via des sociétés écrans ou des placements financiers hors d’Algérie. Une solution coûteuse et risquée, mais tentante pour les plus aisés.
2. Le contournement : restructurer avant 2027
Des avocats fiscaux recommandent déjà de fractionner les patrimoines (via des sociétés holding, des trusts ou des donations familiales) pour rester sous le seuil des 80 millions DA. Une pratique qui pourrait se généraliser d’ici la fin 2026.
3. L’optimisation légale : déclarer et négocier
Pour les entrepreneurs restés en Algérie, la transparence pourrait devenir une force. Certains pourraient proposer à l’administration fiscale des plans de paiement échelonnés, surtout s’ils emploient massivement ou investissent dans des secteurs stratégiques (énergies vertes, tech, agroalimentaire).
À retenir pour les entrepreneurs
Les créateurs d’entreprise doivent anticiper : un audit de leur patrimoine avant fin 2026 est indispensable. Les secteurs immobiliers et industriels seront les plus touchés, tandis que les startups en phase de croissance pourraient voir leurs levées de fonds ralenties par cette nouvelle donne fiscale. Enfin, la diaspora algérienne devra peser le pour et le contre : rapatrier son capital pourrait coûter cher en impôts, mais rester à l’étranger limite l’accès à un marché local en plein essor.
Sources
TSA Algerie
TSA Algerie (PLF 2027)
Algerie-Eco
Sources
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