Cette semaine, Oran est devenue le centre névralgique de l’innovation en Algérie en abritant un événement majeur dédié aux compétences numériques. Organisé sous l’égide du ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels, ce sommet a réuni plus de 500 participants, dont des experts locaux et internationaux, des entrepreneurs et des représentants d’institutions publiques. Selon L’Expression, qui a couvert l’événement, cette rencontre vise à accélérer la transition digitale du pays en mettant l’accent sur la formation et l’employabilité des jeunes.
Un écosystème en pleine structuration
Parmi les acteurs clés présents à Oran, on comptait des entreprises comme Condor Electronics, qui a annoncé un partenariat avec des centres de formation pour développer des modules spécialisés en maintenance de smartphones et en réparation de matériel informatique. « Notre objectif est de créer une filière locale capable de répondre aux besoins du marché, tout en réduisant la dépendance aux importations », a déclaré un responsable de l’entreprise, cité par L’Algérie Aujourd’hui.
L’intelligence artificielle au cœur des débats
D’après El Watan, qui a relayé les discussions, les participants ont souligné la nécessité de renforcer les collaborations entre les universités et les entreprises. « L’IA ne doit pas rester cantonnée aux laboratoires. Il faut des passerelles avec l’industrie pour que les compétences développées répondent aux besoins réels du marché », a expliqué un professeur de l’USTHB. À ce titre, des accords ont été signés entre des startups locales et des établissements d’enseignement pour encadrer des projets étudiants en lien avec des problématiques industrielles.
Les défis de l’employabilité
Pour y remédier, le ministère de la Formation professionnelle a annoncé la création de « pôles d’excellence » dans plusieurs wilayas, dont Oran, Alger et Constantine. Ces pôles, qui s’inspirent de modèles internationaux comme les « Fab Labs », offriront des espaces de coworking, des ateliers de prototypage et un accès à des mentors expérimentés. « L’idée est de créer un environnement où les jeunes peuvent tester leurs idées, échouer, apprendre et rebondir », a expliqué un responsable du ministère, cité par l’APS.
La dimension internationale
Par ailleurs, des entreprises étrangères comme Microsoft et Huawei ont profité de l’occasion pour annoncer des investissements dans la formation des jeunes Algériens. Huawei, qui dispose déjà d’une académie à Alger, a promis d’étendre son programme de certification à Oran et à Annaba d’ici la fin de l’année. « Nous croyons au potentiel des talents algériens. Notre objectif est de former 10 000 jeunes d’ici 2027 », a déclaré un représentant de l’entreprise.
Vers une économie de la connaissance
Pour y parvenir, les participants ont appelé à une meilleure coordination entre les différents acteurs : État, universités, entreprises et société civile. Le lancement prochain de l’Agence nationale de l’auto-entrepreneur, prévu pour début 2024 selon la Radio algérienne, devrait également jouer un rôle clé en facilitant la création d’entreprises dans le secteur numérique. « L’innovation ne se décrète pas, elle se construit avec des outils concrets et un écosystème favorable », a résumé un expert en transformation digitale.
En clôturant les travaux, le wali d’Oran a salué l’engagement des participants et a rappelé que la wilaya comptait sur ces initiatives pour diversifier son économie, traditionnellement tournée vers les hydrocarbures. « Oran a les atouts pour devenir un hub technologique régional. Ce sommet n’est qu’un début », a-t-il déclaré. Reste maintenant à transformer ces promesses en actions concrètes, un défi que l’Algérie semble déterminée à relever.