Le Palais des Expositions d’Oran a servi de cadre, ces derniers jours, à la tenue du Salon international des énergies renouvelables, un événement qui a placé la wilaya au cœur des discussions sur la transition énergétique en Algérie. Selon El Watan, cette manifestation, organisée sous l’égide du ministère de la Transition énergétique et des Énergies renouvelables, a réuni des acteurs publics, des investisseurs privés et des experts internationaux pour échanger sur les défis et les opportunités liés au développement des énergies propres dans le pays.
Un rendez-vous stratégique pour l’Algérie
Parmi les annonces marquantes, la signature de plusieurs conventions entre Sonelgaz et des entreprises étrangères spécialisées dans les énergies renouvelables. Ces accords prévoient la réalisation de centrales solaires et éoliennes dans différentes régions du pays, avec une capacité totale estimée à 2 000 mégawatts. Le directeur général de Sonelgaz, Mourad Adjal, a précisé que ces projets s’inscrivent dans le cadre du programme national des énergies renouvelables, lancé en 2015 mais dont la mise en œuvre a connu des retards.
Des défis techniques et financiers
Autre enjeu majeur : le financement. Bien que l’Algérie dispose d’un potentiel solaire et éolien parmi les plus élevés au monde, les coûts initiaux des infrastructures restent élevés. Le ministre Chitour a reconnu que le pays ne peut pas compter uniquement sur les fonds publics et doit attirer davantage d’investissements étrangers. Plusieurs banques et institutions financières internationales, comme la Banque africaine de développement (BAD), étaient présentes au salon pour explorer des mécanismes de financement adaptés. La BAD a d’ailleurs annoncé son intention de soutenir des projets algériens dans le cadre de son initiative « Desert to Power », qui vise à développer les énergies renouvelables dans les pays du Sahel.
L’industrie locale en quête de compétitivité
Cependant, la compétitivité de l’industrie locale reste un défi. Les coûts de production en Algérie sont souvent plus élevés que ceux des pays asiatiques, principaux fournisseurs de panneaux solaires. Pour y remédier, le gouvernement envisage d’instaurer des mesures incitatives, comme des exonérations fiscales pour les entreprises locales et des partenariats technologiques avec des firmes étrangères. Un responsable de Condor Electronics a indiqué que ces mesures pourraient permettre à l’Algérie de devenir un hub régional pour la production d’équipements renouvelables.
Une transition énergétique aux implications socio-économiques
Cependant, cette transition nécessite aussi une adaptation des compétences. Plusieurs ateliers ont été organisés pour former les jeunes ingénieurs et techniciens aux nouvelles technologies. L’Université des sciences et de la technologie d’Oran (USTO) a annoncé la création d’un master spécialisé en énergies renouvelables, en partenariat avec des entreprises du secteur. Cette initiative vise à répondre aux besoins croissants en main-d’œuvre qualifiée.
Un signal fort pour les investisseurs
Pour l’Algérie, ces partenariats pourraient accélérer la réalisation de ses objectifs énergétiques, tout en réduisant sa dépendance aux hydrocarbures. Le pays dispose d’atouts indéniables : un ensoleillement exceptionnel, des vastes étendues désertiques et une position géographique stratégique. Reste à transformer ces atouts en projets concrets, dans un contexte marqué par des contraintes budgétaires et des tensions géopolitiques.
Le Salon international des énergies renouvelables d’Oran a ainsi permis de dresser un état des lieux des avancées et des défis de la transition énergétique en Algérie. Si les ambitions sont élevées, leur réalisation dépendra de la capacité du pays à surmonter les obstacles administratifs, financiers et industriels qui persistent. Une chose est sûre : l’Algérie a les moyens de devenir un acteur clé des énergies renouvelables en Afrique, à condition de maintenir le rythme des réformes et des investissements.