Naâma lance une offensive artisanale pour sauver l’habit algérien – un marché de 500 millions de dirhams à conquérir

Un secteur artisanal en quête de modernité

Pour les entrepreneurs locaux, cette journée était une opportunité de comprendre les enjeux concrets : formation, financement et accès aux marchés. Les artisans de Naâma, souvent des femmes, peinent à concilier savoir-faire ancestral et demande croissante des consommateurs algériens et de la diaspora. La Maison de l’artisanat de la wilaya est devenue un hub pour ces échanges, avec des ateliers pratiques sur la valorisation des matières premières locales (laine de chameau, soie, coton berbère) et les techniques de teinture naturelle.

La diaspora algérienne, un relais commercial sous-utilisé

La journée de Naâma a mis en lumière des pistes concrètes :
– La digitalisation : créer des plateformes de vente en ligne adaptées aux attentes des diasporas (France, Canada, Belgique).
– Les partenariats : collaborer avec des influenceurs algériens de l’étranger pour promouvoir les marques locales.
– Les labels de qualité : certifier les produits pour rassurer les acheteurs sur l’authenticité et les méthodes de fabrication.

Pour les entrepreneurs, l’enjeu n’est plus seulement culturel, mais économique. Un haïk artisanal peut se vendre entre 15 000 et 50 000 dirhams selon la complexité des broderies, contre 3 000 à 8 000 dirhams pour une version industrielle. La marge est là, mais il faut professionnaliser la filière.

Financement et formation : les deux maillons faibles

Côté formation, les participants ont souligné un décalage entre les techniques ancestrales et les normes modernes (hygiène, traçabilité, normes CE pour l’export). Des solutions émergent :
– Les incubateurs artisanaux, comme celui lancé récemment à Tizi Ouzou, qui accompagnent les porteurs de projet.
– Les partenariats avec les écoles d’art (Beaux-Arts d’Alger, Institut national des arts et métiers) pour former une nouvelle génération d’artisans-entrepreneurs.

Pour les créateurs d’entreprise, le message est clair : sans investissement dans la formation et le financement, le secteur risque de rester un marché de niche, alors qu’il pourrait devenir un pôle d’excellence économique.

Sources
lejourdalgerie.com

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