Les nouvelles règles pour les startups algériennes
Le ministère de l’Industrie et des Mines a récemment adopté une série de mesures visant à simplifier les statuts juridiques pour les startups en Algérie. Ces changements, annoncés cette semaine par le ministre Ahmed Zaâlane, s’inscrivent dans le cadre du plan national « Algérie Numérique 2030 » et visent à attirer davantage d’investisseurs locaux et étrangers.
Selon des sources proches du dossier, ces réformes permettent désormais aux entrepreneurs de créer une entreprise en ligne en moins de 48 heures, contre plusieurs semaines auparavant. La création d’une startup devient ainsi plus accessible, avec un capital social minimal fixé à 100 000 dinars algériens (environ 700 euros), soit dix fois moins que le capital requis pour une SARL classique.
Un cadre juridique plus adapté aux réalités des entrepreneurs
Les nouvelles dispositions introduisent également un statut spécifique pour les startups, distinct de celui des PME traditionnelles. Ce statut, baptisé « Entreprise Innovante en Phase de Développement » (EIPD), offre plusieurs avantages fiscaux et simplifications administratives.
Parmi les mesures phares, on note l’exonération totale de l’impôt sur les bénéfices pendant les trois premières années d’activité, ainsi que la possibilité de bénéficier d’un accompagnement personnalisé par des incubateurs agréés par l’État. Ces incubateurs, comme le « StartUp Algeria Hub » basé à Alger, sont désormais intégrés au processus de création d’entreprise.
D’après les données du ministère, plus de 1 200 startups ont déjà été créées sous ce nouveau régime depuis son lancement en 2024. Le secteur de la tech représente 45% de ces créations, suivi par les services innovants (25%) et l’agroalimentaire (15%).
Les défis de la digitalisation des démarches
Malgré ces avancées, plusieurs entrepreneurs signalent encore des lenteurs dans la mise en œuvre des nouvelles procédures. La DGSN, chargée de valider les documents d’identité électronique nécessaires à la création d’entreprise, a indiqué cette semaine qu’elle traite actuellement un stock de plus de 3,6 millions de demandes de cartes nationales d’identité électronique.
Le ministre Zaâlane a reconnu ces difficultés lors d’une réunion avec les acteurs du secteur : « Nous sommes conscients que la digitalisation complète prendra du temps. Notre objectif est de réduire les délais à moins de 72 heures d’ici la fin de l’année 2026. »
Pour pallier ces retards, plusieurs startups se tournent vers des solutions alternatives, comme l’utilisation de la carte d’identité électronique marocaine délivrée en 2025, qui est acceptée comme document d’identité valide pour les entrepreneurs algériens dans certaines zones frontalières.
L'impact sur la diaspora algérienne
Ces réformes sont particulièrement attendues par la diaspora algérienne, souvent confrontée à des difficultés pour créer ou gérer une entreprise à distance. Selon les estimations du ministère des Affaires étrangères, plus de 15 000 entrepreneurs algériens de la diaspora ont exprimé leur intérêt pour ces nouvelles dispositions.
Le ministère a mis en place un guichet unique en ligne, accessible depuis l’étranger, permettant de suivre l’avancement des dossiers de création d’entreprise. Ce service, baptisé « Algerie Startup Connect », a déjà enregistré plus de 800 demandes depuis son lancement en 2025.
« Ces mesures sont une véritable bouffée d’oxygène pour les entrepreneurs de la diaspora », déclare Yacine Benkhelil, fondateur d’une entreprise de développement logiciel basée à Montréal. « Nous pouvons désormais gérer nos activités en Algérie sans avoir à nous déplacer physiquement. »
Les prochaines étapes
Le ministère de l’Industrie et des Mines a annoncé qu’un décret exécutif précisant les modalités d’application de ces nouvelles règles serait publié d’ici la fin du mois de juin 2026. Ce texte devrait notamment clarifier les conditions d’éligibilité des startups aux différents avantages fiscaux et sociaux.
Parallèlement, le gouvernement algérien a signé cette semaine un accord de partenariat avec l’Agence française de développement (AFD) pour financer la création de cinq nouveaux incubateurs spécialisés dans les technologies vertes. Ces structures, dont la première sera opérationnelle à Oran d’ici la fin de l’année 2026, visent à soutenir les startups innovantes dans les secteurs de l’énergie renouvelable et de l’économie circulaire.
À retenir pour les entrepreneurs
Le nouveau statut EIPD permet de créer une startup avec un capital minimal réduit à 100 000 dinars. Les incubateurs agréés par l’État offrent un accompagnement personnalisé et des avantages fiscaux. Plus de 1 200 startups ont déjà été créées sous ce régime depuis 2024.
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