La wilaya de Mila, située à 360 kilomètres à l’est d’Alger, mise sur son patrimoine historique pour diversifier son offre touristique. Selon El Moudjahid, les autorités locales et le ministère de la Culture et des Arts ont engagé récemment des actions pour valoriser les vestiges romains de la région, longtemps restés dans l’ombre des grands sites comme Timgad ou Djemila. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie nationale visant à exploiter le potentiel archéologique du pays, encore sous-exploité malgré son importance.
Un patrimoine méconnu mais stratégique
Le choix de Mila n’est pas anodin. La ville se trouve sur l’axe reliant Constantine à Sétif, deux pôles économiques et culturels majeurs. Son positionnement géographique en fait une étape potentielle pour les circuits touristiques reliant les sites romains de l’Est algérien. Pourtant, malgré ce potentiel, Mila reste en retrait par rapport à d’autres villes comme Batna ou Annaba, qui attirent déjà des flux importants de visiteurs.
Des défis logistiques et financiers
Ensuite, la formation des guides touristiques spécialisés dans l’histoire romaine fait défaut. Les rares guides disponibles sont souvent des passionnés d’histoire locale, mais leur expertise reste limitée. Le ministère de la Culture a annoncé la mise en place de sessions de formation pour combler ce vide, mais leur déploiement prendra du temps.
Enfin, la question de la sécurité des sites se pose. Plusieurs monuments ont été victimes de dégradations ou de pillages au fil des années. Les autorités ont renforcé la surveillance, notamment par l’installation de caméras et l’affectation de gardiens, mais ces mesures restent insuffisantes pour garantir une protection optimale.
Une opportunité économique et culturelle
Par ailleurs, la valorisation du patrimoine romain s’inscrit dans une dynamique plus large de réappropriation de l’histoire algérienne. Les vestiges romains, souvent perçus comme étrangers, sont en réalité des témoins de la complexité culturelle du pays. Leur mise en avant permet de rappeler que l’Algérie a été un carrefour de civilisations bien avant la période coloniale française. Cette approche contribue à renforcer l’identité nationale et à attirer un public à la fois local et international.
Un appel à la coopération internationale
Selon El Moudjahid, des contacts ont déjà été établis avec des universités européennes pour des fouilles archéologiques conjointes. Ces projets permettraient non seulement de découvrir de nouveaux vestiges, mais aussi de former des archéologues algériens aux techniques modernes de conservation. Une telle coopération renforcerait également la visibilité internationale de Mila, attirant des touristes et des chercheurs étrangers.
Vers une intégration dans les circuits touristiques
Les autorités misent également sur les nouvelles technologies pour promouvoir le site. Un projet de visite virtuelle des monuments est en cours de développement, permettant aux internautes du monde entier de découvrir Mila avant de s’y rendre. Cette initiative pourrait susciter l’intérêt d’un public plus large, notamment parmi les jeunes et les diasporas algériennes.