La visite de la Première ministre italienne Giorgia Meloni en Algérie cette semaine marque un tournant dans les relations économiques entre les deux pays. Accompagnée d’une délégation ministérielle et d’une centaine d’entrepreneurs italiens, elle a discuté avec le président Tebboune d’accords portant sur l’énergie, les infrastructures et les nouvelles technologies. Selon l’APS, ces échanges interviennent alors que Rome cherche à sécuriser ses approvisionnements énergétiques et à développer des filières industrielles en Afrique du Nord.
Un cadre stratégique renouvelé
Cette visite s’inscrit dans le prolongement des accords signés en 2024 entre SONATRACH et ENI pour l’exportation de gaz algérien vers l’Italie. Le volume concerné atteint 9 milliards de mètres cubes par an, un chiffre confirmé par le ministre de l’Énergie Mohamed Arkab lors d’une conférence de presse à Alger. Pour les entrepreneurs algériens, cette collaboration ouvre des opportunités dans les énergies renouvelables, notamment le solaire, où l’Italie pourrait investir 2 milliards d’euros d’ici 2027, selon des sources proches du dossier.
Des secteurs ciblés pour les créateurs d’entreprise
Les discussions ont porté sur trois axes prioritaires : l’hydrogène vert, les ports méditerranéens et la digitalisation. Le port d’Oran, en cours de modernisation, pourrait devenir un hub logistique reliant l’Algérie à l’Europe via l’Italie. Le groupe italien Salini Impregilo, déjà présent dans les grands chantiers routiers algériens, a annoncé un projet de terminal conteneurs estimé à 400 millions d’euros. Pour les startups algériennes spécialisées dans la logistique digitale, des partenariats avec des acteurs italiens comme Leonardo pourraient faciliter l’accès aux financements européens.
Dans le domaine de l’hydrogène, l’Algérie mise sur ses réserves de gaz pour développer une filière exportatrice. Le groupe Sonatrach a signé un mémorandum avec ENI et le groupe allemand Siemens pour un projet pilote dans la wilaya de Bejaïa. Les entrepreneurs locaux pourraient se positionner en amont sur la production d’électrolyseurs ou la maintenance des infrastructures. Le ministre de l’Industrie, Ali Aoun, a rappelé que 500 millions d’euros seront alloués à ce secteur dans le cadre du plan quinquennal 2025-2029.
Un signal pour la diaspora entrepreneuriale
La présence de la diaspora algérienne lors des rencontres organisées à Alger et Oran a été saluée par Meloni. Plusieurs associations de professionnels expatriés, comme l’Union des entrepreneurs algériens en Europe (UEAE), ont plaidé pour des mécanismes facilitant les investissements transfrontaliers. Un fonds italien de 300 millions d’euros destiné aux projets franco-algériens a été évoqué, avec une attention particulière pour les entreprises de la diaspora souhaitant s’implanter en Algérie.
Risques et défis opérationnels
Malgré l’optimisme affiché, des obstacles persistent. Les délais d’obtention des autorisations pour les projets industriels en Algérie restent un frein pour les investisseurs étrangers, comme l’a souligné le président de la Confédération algérienne du patronat (CAP), Bachir Rahmani. Les entrepreneurs italiens ont également pointé les lourdeurs administratives dans les ports, malgré les annonces de modernisation. Pour contourner ces difficultés, des solutions hybrides sont envisagées, comme la création de zones économiques spéciales dans les wilayas côtières.
À retenir pour les entrepreneurs
Les entrepreneurs algériens peuvent cibler les appels d’offres liés aux énergies renouvelables et à la logistique portuaire, avec des financements européens potentiels. Les partenariats avec des acteurs italiens offrent des débouchés pour les startups tech et les sous-traitants industriels. La diaspora est invitée à se rapprocher des chambres de commerce bilatérales pour identifier les niches porteuses.
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