L’Algérie, confrontée à des défis climatiques croissants, observe avec inquiétude la montée de l’écoloscepticisme au sein de l’extrême droite européenne. Selon La Grande Conversation, ce phénomène, porté par des figures politiques comme Marine Le Pen en France, Geert Wilders aux Pays-Bas ou le parti Fratelli d’Italia, remet en cause les politiques environnementales et pourrait avoir des répercussions directes sur les stratégies agricoles du pays.
Des discours climatosceptiques aux conséquences tangibles
Le cas des Pays-Bas est particulièrement révélateur. Geert Wilders, dont le parti a remporté les dernières élections législatives, a critiqué les mesures environnementales jugées « trop coûteuses » pour les agriculteurs. Une telle rhétorique, si elle se traduit en politiques concrètes, pourrait limiter les échanges de technologies agricoles adaptées aux zones arides, un enjeu vital pour l’Algérie où 80 % des terres sont menacées par la désertification.
L’Algérie entre dépendance et adaptation
Face à cette menace, l’Algérie a déjà engagé des mesures pour réduire sa vulnérabilité. Le Plan national climat (2020-2030) prévoit d’augmenter la part des énergies renouvelables dans l’agriculture et de développer des techniques d’irrigation économe. Cependant, ces efforts nécessitent des investissements massifs et une coopération internationale, notamment avec des pays comme l’Allemagne ou les pays nordiques, traditionnellement engagés dans la transition écologique.
Stratégies pour contrer l’influence écolosceptique
Ensuite, l’Algérie pourrait intensifier sa diplomatie climatique, en mettant en avant ses propres initiatives. Le pays a accueilli en 2022 la COP15 sur la désertification et pourrait jouer un rôle de médiateur entre l’Afrique et l’Europe pour rappeler l’urgence d’une action collective. Enfin, une communication ciblée auprès des agriculteurs algériens, pour les sensibiliser aux risques de l’écoloscepticisme, serait utile. Beaucoup d’entre eux ignorent que les subventions européennes pour les pratiques durables pourraient disparaître si les partis d’extrême droite accèdent au pouvoir.
Un enjeu de souveraineté alimentaire
Pour l’Algérie, l’enjeu est double : anticiper les changements en Europe tout en accélérant sa propre transition écologique. Cela implique de renforcer les capacités locales, comme le développement de variétés de blé résistantes à la sécheresse, et de plaider pour un maintien des fonds européens dédiés à l’agriculture durable. Comme le souligne La Grande Conversation, la bataille contre l’écoloscepticisme se joue aussi sur le terrain des alliances et de l’innovation.