Le plus jeune membre du gouvernement algérien, Ibrahim Boughali, a récemment partagé son parcours et son programme lors d’un entretien accordé à Algerie360. Âgé de 34 ans à l’époque, ce jeune entrepreneur devenu ministre de la Jeunesse et des Sports incarne une nouvelle génération d’Algériens engagés dans la transformation économique du pays. Son ascension politique et son approche entrepreneuriale offrent une lecture instructive pour les créateurs d’entreprise et la diaspora algérienne.
De l’entreprise à la politique
Ibrahim Boughali a fait ses premières armes dans le monde des affaires avant de s’engager en politique. Selon Algerie360, il a dirigé une entreprise dans le secteur de la construction, un domaine clé pour l’économie algérienne où les petites et moyennes entreprises (PME) jouent un rôle central. Son expérience à la tête d’une structure économique lui a permis de comprendre les défis structurels du pays, notamment les lenteurs administratives et le manque de financement accessible pour les jeunes entrepreneurs.
Son entrée en politique coïncide avec une période où le gouvernement cherche à attirer les compétences issues du secteur privé pour moderniser les institutions. Boughali, issu d’un milieu modeste de Tébessa, a su capitaliser sur son parcours atypique pour se faire une place dans l’arène politique. Son élection comme député en 2017, puis sa nomination au gouvernement, illustrent une volonté de rajeunir les élites dirigeantes.
Un programme axé sur l’emploi et l’innovation
Lors de l’entretien, Boughali a détaillé les grandes lignes de son programme, centré sur la création d’emplois et le soutien à l’entrepreneuriat. Il a insisté sur la nécessité de simplifier les procédures pour les jeunes porteurs de projets, un enjeu crucial pour les 300 000 nouveaux diplômés qui arrivent chaque année sur le marché du travail. Selon ses propos, relayés par Algerie360, il plaide pour une meilleure coordination entre les banques publiques et les startups, afin de faciliter l’accès au crédit.
Le ministre a également évoqué l’importance des incubateurs et des pépinières d’entreprises, notamment dans les wilayas frontalières comme Tébessa, sa région d’origine. Ces dispositifs, souvent sous-utilisés, pourraient selon lui servir de leviers pour dynamiser l’économie locale. Il a aussi souligné l’intérêt des partenariats public-privé (PPP) pour financer des projets innovants, une piste encore peu exploitée en Algérie malgré son potentiel.
Un message pour la diaspora algérienne
Boughali s’est adressé directement à la diaspora algérienne, estimée à plus de 2 millions de personnes, en l’encourageant à investir dans leur pays d’origine. Il a mis en avant des secteurs porteurs comme les énergies renouvelables, les technologies de l’information et l’agroalimentaire, où les compétences de la diaspora pourraient faire la différence. Selon lui, ces investissements permettraient de créer des emplois et de réduire la dépendance aux importations.
Son parcours personnel, qui mêle réussite entrepreneuriale et engagement politique, est souvent cité en exemple par les jeunes Algériens. Pour la diaspora, son ascension montre qu’un retour au pays n’est pas un renoncement à une carrière internationale, mais une opportunité de contribuer à la construction d’une Algérie moderne.
Les défis à relever
Malgré son optimisme affiché, Boughali a reconnu les obstacles persistants. Le taux de chômage des jeunes, proche de 30 % en 2020, reste un défi majeur, et les réformes structurelles peinent à se concrétiser. Les entrepreneurs algériens, notamment ceux des SARL, continuent de faire face à des contraintes bureaucratiques et à un accès limité au financement. Son portefeuille à la Jeunesse et aux Sports lui permet d’agir en amont, en formant les futurs créateurs d’entreprise via des programmes éducatifs.
Les SARL, qui représentent 90 % du tissu économique algérien, pourraient bénéficier de mesures ciblées pour stimuler leur croissance. Boughali a évoqué la réduction des taxes pour les très petites entreprises (TPE) et l’allègement des charges sociales, des pistes déjà discutées mais rarement appliquées.
À retenir pour les entrepreneurs
Le parcours d’Ibrahim Boughali montre qu’un engagement politique peut servir de levier pour les entrepreneurs. Les initiatives locales, comme les incubateurs, méritent une attention accrue pour encourager l’innovation. La diaspora dispose d’un potentiel d’investissement sous-exploité dans les secteurs à forte valeur ajoutée.
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