Le Maroc renforce son lobbying à Washington face à l’Algérie

Selon Yabiladi.com, le Maroc a considérablement accru ses efforts de lobbying aux États-Unis ces derniers mois, creusant un écart avec l’Algérie dans l’influence exercée auprès des décideurs américains. Cette dynamique, observée récemment, s’inscrit dans un contexte de rivalité stratégique entre les deux pays, notamment sur les questions de sécurité, de défense et de reconnaissance internationale.

Une offensive marocaine ciblée

Le royaume chérifien mise également sur des partenariats avec des think tanks influents, tels que l’Atlantic Council ou le Center for Strategic and International Studies (CSIS), pour organiser des événements et diffuser des analyses favorables à sa politique. Ces actions s’accompagnent d’une communication active auprès des médias américains, avec des tribunes et des interviews de responsables marocains dans des publications comme The Washington Post ou Foreign Policy.

L’Algérie en retrait sur la scène américaine

Cette asymétrie s’explique en partie par des différences structurelles. Le Maroc bénéficie d’une longue tradition de relations avec les États-Unis, renforcée par des accords militaires et économiques, comme le statut d’allié majeur non-OTAN accordé en 2004. L’Algérie, en revanche, a historiquement privilégié une diplomatie plus discrète, axée sur les partenariats avec la Russie, la Chine et les pays africains, limitant son exposition aux réseaux d’influence américains.

Enjeux stratégiques pour Alger

Ensuite, sur le plan sécuritaire, les États-Unis considèrent le Maroc comme un partenaire clé dans la lutte contre le terrorisme et la stabilité en Afrique du Nord. Une présence accrue de Rabat à Washington pourrait marginaliser l’Algérie dans les négociations sur les ventes d’armes ou les coopérations militaires, alors que le pays cherche à moderniser son arsenal et à diversifier ses alliances.

Enfin, sur le plan économique, les investissements américains en Algérie restent modestes comparés à ceux réalisés au Maroc, où des entreprises comme Boeing ou Lockheed Martin ont établi des partenariats durables. Une meilleure représentation à Washington pourrait aider Alger à attirer davantage d’investissements et à promouvoir ses projets énergétiques, notamment dans le gaz naturel.

Quelles pistes pour l’Algérie ?

Une autre piste consisterait à exploiter les divisions au sein de l’establishment américain, où certains acteurs critiquent le soutien inconditionnel à Rabat. Des figures comme le sénateur Jim Inhofe, connu pour ses positions favorables à l’autodétermination du Sahara occidental, pourraient être des alliés potentiels pour l’Algérie.

Enfin, une approche coordonnée avec d’autres pays africains et arabes partageant des positions similaires sur le Sahara occidental, comme l’Afrique du Sud ou la Mauritanie, pourrait renforcer la voix d’Alger sur la scène internationale.

L’enjeu pour l’Algérie n’est pas seulement de rattraper le Maroc, mais de définir une stratégie d’influence adaptée à ses intérêts. Dans un contexte où les rivalités régionales se jouent de plus en plus sur le terrain du soft power, la capacité à mobiliser des réseaux à Washington pourrait s’avérer décisive.

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