Le Conseil des ministres adopte des décrets sur la finance islamique

Le Conseil des ministres algérien, présidé par le président Abdelmadjid Tebboune, a examiné et adopté récemment plusieurs projets de décrets exécutifs et communications portant sur divers secteurs économiques, avec une attention particulière accordée au développement de la finance islamique. Selon aps.dz, ces mesures visent à renforcer le cadre réglementaire des investissements conformes à la Charia, marquant une étape supplémentaire dans la diversification des instruments financiers disponibles en Algérie.

Un cadre juridique renforcé pour les sukuks

Cette initiative s’inscrit dans la continuité de la loi de finances 2020, qui avait introduit pour la première fois la possibilité d’émettre des sukuks en Algérie. Depuis, le pays a multiplié les signaux en faveur de ce marché, avec la création en 2022 d’une commission nationale dédiée à la finance islamique et l’adoption de textes réglementaires pour encadrer les banques participatives. L’Algérie cherche ainsi à attirer des capitaux régionaux, notamment en provenance des pays du Golfe, où les sukuks représentent une part importante des financements publics et privés.

Des communications sectorielles aux implications économiques

La Banque d’Algérie a déjà indiqué que les sukuks pourraient servir à financer des projets d’envergure, comme le développement des zones industrielles ou la modernisation des réseaux de transport. Ces instruments présentent l’avantage de mobiliser des fonds sans alourdir la dette publique, tout en répondant aux attentes d’une partie de la population et des investisseurs locaux, réticents à s’engager dans des produits financiers conventionnels.

Des défis de mise en œuvre à relever

Un autre enjeu concerne la liquidité de ces instruments. Contrairement aux obligations classiques, les sukuks ne sont pas toujours facilement négociables sur le marché secondaire, ce qui peut décourager certains investisseurs. Pour y remédier, les autorités algériennes pourraient envisager la création d’une plateforme dédiée à la négociation des sukuks, ou encourager les banques à jouer un rôle plus actif dans leur placement.

Une stratégie alignée sur les besoins du pays

Par ailleurs, ces mesures s’alignent sur les objectifs du Plan de relance économique 2020-2024, qui met l’accent sur la diversification des sources de financement et la réduction de la dépendance aux hydrocarbures. En facilitant l’accès à des capitaux alternatifs, le gouvernement espère stimuler l’investissement dans des secteurs productifs, comme l’agroalimentaire ou les technologies vertes, tout en limitant les risques de surendettement.

Prochaines étapes et attentes

Enfin, le succès de ces initiatives dépendra en grande partie de la capacité des autorités à rassurer les investisseurs sur la stabilité du cadre réglementaire et la transparence des processus. Une communication claire et des retours d’expérience sur les premières émissions de sukuks seront essentiels pour convaincre les acteurs locaux et étrangers de s’engager davantage dans ce marché.

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