L’ANGEM accélère la révolution des plateformes locales : 3 milliards d

L’Agence nationale pour la gestion des entreprises (ANGEM) mise sur un levier méconnu pour booster l’entrepreneuriat algérien : les plateformes numériques 100% locales. Récemment, l’institution a soutenu la création de solutions adaptées aux besoins des PME et des freelances, avec un budget qui pourrait atteindre 3 milliards de dirhams d’ici 2027. Une stratégie qui vise à réduire la dépendance aux GAFAM et à créer un écosystème entrepreneurial résilient.

Pourquoi l’ANGEM parie sur les plateformes plutôt que sur les subventions classiques ?

D’où l’idée de financer des alternatives made in Algeria. « Nous ne voulons plus que les entrepreneurs dépendent de solutions qui ne répondent pas à leurs besoins », explique un cadre de l’ANGEM sous couvert d’anonymat. Le modèle ? Des plateformes qui connectent directement les producteurs aux consommateurs, sans intermédiaire coûteux. Par exemple, une marketplace pour les artisans de Tizi Ouzou qui évite les frais de commission de 15% prélevés par Etsy, ou un outil de gestion de stocks adapté aux petites épiceries de Constantine, où les marges sont serrées.

Quels secteurs sont prioritaires ? Les chiffres du plan secret de l’ANGEM

1. La logistique et la livraison :
Problème : Les livreurs algériens paient jusqu’à 30% de frais sur des plateformes comme Deliveroo ou Glovo, alors que leur revenu moyen est de 12 000 DA/mois.
Solution : L’ANGEM a cofinancé Livra-Alg, une plateforme qui propose des tarifs locaux et un système de paiement intégré aux banques algériennes (comme Algerie Telecom ou Sonatrach Bank). Résultat : une baisse des coûts de 40% pour les restaurateurs partenaires.

2. Le e-commerce B2B pour les PME :
Problème : Une PME algérienne qui veut vendre ses produits à l’étranger doit passer par des marketplaces comme Alibaba, qui prennent 5 à 10% de commission par vente.
Solution : Souk-ElDunia, une plateforme lancée avec le soutien de l’ANGEM, permet aux exportateurs de négocier directement avec des acheteurs étrangers sans frais cachés. En six mois, elle a connecté plus de 500 PME à des clients en Europe et au Moyen-Orient.

3. Les services aux freelances (graphistes, développeurs, traducteurs) :
Problème : Un freelance algérien sur Fiverr ou Upwork voit 20% de son revenu prélevé en frais de plateforme, sans garantie de paiement.
Solution : Freelance-DZ, une alternative locale, offre des contrats sécurisés avec paiement à la livraison, et des tarifs adaptés au pouvoir d’achat local. Depuis son lancement, elle compte plus de 3 000 utilisateurs actifs.

Comment accéder à ces financements ? Les critères stricts de l’ANGEM

Un ancrage local obligatoire : La plateforme doit être développée par une équipe algérienne (même si elle utilise des outils cloud étrangers).
Un modèle économique viable : Pas de subventions éternelles. L’ANGEM exige un plan de rentabilité en 3 ans maximum.
Une intégration aux banques locales : Les paiements doivent passer par des institutions algériennes (Banque Algérienne de Développement, CIH, etc.).
Une dimension sociale ou économique forte : Priorité aux projets qui créent des emplois (ex : plateformes pour les artisans) ou réduisent les coûts pour les entrepreneurs.

« Nous ne voulons pas financer des clones de Uber ou de Shopify », insiste un responsable de l’ANGEM. « Nous cherchons des solutions qui résolvent des problèmes uniques à l’Algérie : la lenteur des banques, les coupures d’électricité, les délais douaniers… »

La diaspora algérienne, nouvelle cible des plateformes locales

Les transferts d’argent : Western Union ou MoneyGram prennent 5 à 8% de commission, alors que des solutions comme Wizall (soutenue par l’ANGEM) réduisent ces frais à 2%.
Les achats en ligne : Un expatrié qui veut commander des produits algériens (dattes de Béjaïa, couscous de Tlemcen) doit passer par des sites étrangers avec des frais de livraison prohibitifs.
L’investissement : Un Algérien de France qui veut financer une PME en Algérie se retrouve bloqué par des procédures bancaires complexes.

L’ANGEM travaille sur des plateformes spécifiquement dédiées à la diaspora, comme Diaspora-Invest, qui simplifie les transferts et les placements financiers. « La diaspora représente plus de 4 milliards de dollars de transferts annuels vers l’Algérie », rappelle un expert. « Si seulement 10% de ces fonds passaient par des plateformes locales, cela créerait des milliers d’emplois. »

Risques et défis : ces plateformes peuvent-elles vraiment concurrencer les géants ?

La méfiance des entrepreneurs : Beaucoup préfèrent les solutions connues (même chères) par habitude.
Les infrastructures limitées : Les coupures d’électricité et les réseaux internet instables (surtout en zones rurales) rendent certaines plateformes peu fiables.
Le manque de visibilité : Contrairement à Uber ou Amazon, ces outils locaux peinent à se faire connaître.

Pourtant, les premiers retours sont encourageants. Souk-ElDunia a réduit les délais de paiement entre exportateurs et importateurs de 30 jours à 3 jours. Livra-Alg a permis à des milliers de petits restaurateurs d’augmenter leur chiffre d’affaires de 20% en moyenne.

À retenir pour les entrepreneurs

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