L’Agence algérienne de promotion de l’industrie et de l’innovation (AAPI) vient de bénéficier d’un appui technique allemand pour accélérer sa transformation numérique et opérationnelle. Lancé récemment, ce programme de jumelage entre l’Allemagne et l’Algérie vise à renforcer les capacités de l’AAPI dans l’accompagnement des porteurs de projets et des PME locales. Selon El Watan, qui a révélé l’information, ce partenariat s’inscrit dans le cadre d’un accord plus large entre les deux pays pour dynamiser l’écosystème entrepreneurial algérien.
Ce projet, financé par l’Union européenne via son instrument de voisinage, de développement et de coopération internationale (NDICI), cible plusieurs axes prioritaires. D’abord, la digitalisation des procédures administratives pour les créateurs d’entreprise. L’AAPI, qui gère notamment les dispositifs d’aide à l’emploi comme l’Agence nationale de gestion du microcrédit (ANGEM), cherche à réduire les délais d’instruction des dossiers. Actuellement, les entrepreneurs algériens doivent souvent patienter plusieurs mois pour obtenir des financements ou des agréments. Le programme allemand prévoit des outils de suivi en temps réel et une simplification des formulaires, inspirés des bonnes pratiques européennes.
Ensuite, le jumelage inclut un volet formation pour les agents de l’AAPI. Les experts allemands formeront les équipes locales aux méthodes d’évaluation des projets, à la gestion des risques et à l’analyse de marché. Un point crucial pour les startups algériennes, qui peinent souvent à accéder à des données fiables sur leur secteur. Par exemple, les incubateurs et pépinières d’entreprises pourront mieux cibler les besoins des jeunes pousses, notamment dans les filières technologiques et vertes, en forte croissance.
Enfin, le partenariat aborde la question de l’accès au financement. L’Allemagne apportera son expertise pour structurer des mécanismes de garantie et de cofinancement, en collaboration avec des banques locales comme la Banque nationale d’Algérie (BNA) ou la Banque de développement local (BDL). Cela pourrait faciliter l’obtention de prêts pour les entrepreneurs, un obstacle majeur en Algérie où les taux d’intérêt restent élevés et les garanties exigées souvent hors de portée des petites structures.
Pour les entrepreneurs de la diaspora algérienne, ce programme ouvre aussi des perspectives. L’AAPI a récemment lancé des initiatives pour attirer les investissements des Algériens de l’étranger, notamment via des plateformes dédiées comme « Invest in Algeria ». Le jumelage allemand pourrait améliorer la transparence et la rapidité des procédures pour ces investisseurs, souvent découragés par la complexité administrative. Un entrepreneur basé en France ou au Canada pourrait ainsi suivre en ligne l’avancement de son dossier, sans avoir à se déplacer en Algérie.
Sur le terrain, les premiers effets de ce partenariat sont attendus d’ici la fin de l’année. Des ateliers pilotes sont déjà en cours dans les wilayas d’Alger, Oran et Constantine, où l’AAPI concentre une grande partie de ses activités. Les entrepreneurs locaux interrogés par El Watan saluent cette initiative, mais soulignent aussi les défis persistants : la lenteur des réformes structurelles, la bureaucratie résiduelle et le manque de coordination entre les différentes agences publiques.
Ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération internationale pour l’Algérie. En 2025, le pays a signé plusieurs accords similaires avec des partenaires comme l’Union européenne, la Chine et des pays africains, visant à moderniser ses institutions économiques. L’AAPI, créée en 2020 pour remplacer l’Agence nationale de développement de l’investissement (ANDI), est au cœur de cette stratégie. Son objectif : faire de l’Algérie une destination attractive pour les investissements locaux et étrangers, en particulier dans les secteurs non pétroliers.
À retenir pour les entrepreneurs
Ce partenariat Allemagne-AAPI simplifie les démarches pour créer ou développer une entreprise en Algérie, avec des outils numériques et des formations ciblées. Les porteurs de projets, y compris ceux de la diaspora, gagneront en visibilité sur l’avancement de leurs dossiers. Les secteurs prioritaires incluent les technologies, l’artisanat et les énergies renouvelables, où les opportunités de financement devraient se multiplier.
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