En juin 2016, Jeune Afrique dressait un état des lieux de la scolarisation des filles en Afrique, mettant en lumière les progrès réalisés et les défis persistants. L’Algérie y figurait comme l’un des pays les plus performants du continent, avec des indicateurs proches de ceux des nations développées. Pourtant, malgré ces avancées, des disparités territoriales et socio-économiques subsistent, rappelant que l’accès à l’éducation pour toutes reste un combat quotidien.
Un taux de scolarisation qui place l’Algérie en tête
Ces performances placent l’Algérie devant des pays comme le Maroc ou la Tunisie, où les écarts entre garçons et filles restent plus marqués, notamment dans les zones rurales. Le rapport souligne aussi que l’Algérie a réduit de moitié l’écart de scolarisation entre les sexes depuis les années 1990, grâce à des campagnes de sensibilisation et à la construction d’écoles dans les régions reculées.
Des inégalités qui persistent malgré les progrès
Le rapport met aussi en lumière le décrochage scolaire des adolescentes, notamment au collège. Bien que 90 % des filles entrent en sixième, seulement 60 % achèvent le cycle secondaire. Les causes sont multiples : pression familiale pour les travaux domestiques, mariages précoces, ou encore manque de moyens pour les familles défavorisées. Dans les quartiers populaires des grandes villes comme Alger ou Oran, certaines jeunes filles abandonnent l’école dès la puberté, faute de transports sécurisés ou d’établissements non mixtes.
Des politiques ciblées pour corriger les écarts
Autre mesure phare : la lutte contre les mariages précoces, qui reste un frein majeur à l’éducation des filles. Bien que la loi algérienne fixe l’âge légal du mariage à 19 ans, des dérogations existent, et les mariages coutumiers échappent souvent aux statistiques. Des associations comme Femmes en Communication ou Réseau Wassila mènent des campagnes de sensibilisation pour alerter sur les conséquences de ces pratiques, en collaboration avec les imams et les chefs de village.
L’Algérie, un modèle à nuancer
Le rapport souligne aussi que l’accès à l’enseignement supérieur reste inégal. Bien que les filles représentent plus de 60 % des étudiants à l’université, elles sont sous-représentées dans les filières scientifiques et techniques, où les garçons dominent. Cette ségrégation éducative se répercute ensuite sur le marché du travail, où les femmes occupent majoritairement des emplois précaires ou peu rémunérés.
Un combat qui dépasse les frontières
Dans un continent où 30 millions de filles en âge d’être scolarisées ne le sont pas, selon l’UNICEF, l’Algérie a un rôle à jouer. En partageant son expérience avec d’autres pays africains, notamment dans la formation des enseignantes ou la lutte contre les mariages précoces, elle pourrait contribuer à faire bouger les lignes. Reste que, comme le rappelle le rapport, aucun modèle n’est parfait : même les bons élèves ont encore des leçons à apprendre.