L’Algérie a récemment franchi une étape clé dans le développement de son secteur agricole en lançant un programme d’incubation et d’accélération dédié à l’Agritech. Ce projet, soutenu par l’Union européenne (UE) via le Service européen pour l’action extérieure (EEAS), vise à moderniser les pratiques agricoles et à renforcer l’innovation technologique dans un domaine stratégique pour l’économie nationale.
Un partenariat ciblé pour l’agriculture intelligente
Le ministère de l’Agriculture et du Développement rural algérien a souligné que ce projet s’aligne sur les objectifs du Plan national de développement agricole (PNDA) 2020-2024, prolongé jusqu’en 2027. « L’Agritech est un levier pour atteindre l’autosuffisance alimentaire, surtout dans un contexte de changement climatique et de pression sur les ressources hydriques », a déclaré un responsable du ministère, cité par l’Agence presse service (APS).
Des acteurs locaux et internationaux impliqués
Un premier appel à candidatures a été lancé en mars 2026, avec une sélection prévue pour juin. Les startups retenues bénéficieront d’un mentorat personnalisé et d’un accès à des infrastructures de test, comme les fermes pilotes du Complexe agricole de Sidi Abdallah, près d’Alger. « Nous cherchons des solutions concrètes, adaptées au terrain, comme les systèmes d’irrigation goutte-à-goutte connectés ou les plateformes de traçabilité des produits », explique un membre de l’équipe d’incubation, contacté par El Watan.
Un secteur agricole en mutation
Les retombées attendues ne se limitent pas à l’économie. Le projet vise aussi à créer des emplois qualifiés dans les zones rurales, où le chômage des jeunes dépasse souvent 20 %. « Former des agriculteurs aux outils numériques, c’est leur donner les moyens de rester sur leurs terres tout en modernisant leurs pratiques », analyse un économiste du CREAD, interrogé par Liberté.
Des défis à relever
Autre défi : la coordination entre les différents acteurs. « Il y a un risque de dispersion des efforts si les ministères, les universités et les entreprises ne travaillent pas en synergie », avertit un expert en développement rural, cité par TSA. Pour y remédier, le gouvernement a créé un comité de pilotage réunissant des représentants de l’ANVREDET, du ministère de l’Agriculture et des chambres d’agriculture régionales.
Des exemples concrets à suivre
Le programme s’inspire aussi de succès internationaux, comme le modèle israélien, où les technologies agricoles représentent 9 % du PIB. « L’Algérie a les ressources humaines et les terres pour devenir un hub régional de l’Agritech, à condition d’investir dans la formation et les infrastructures », estime un consultant de la Banque mondiale, basé à Alger.
Prochaines étapes
Pour les autorités, ce programme est une pièce maîtresse de la stratégie de diversification économique. « L’agriculture ne doit plus être perçue comme un secteur traditionnel, mais comme un domaine d’avenir, porteur de croissance et d’emplois », a déclaré le ministre de l’Agriculture lors d’une conférence de presse en avril 2026.
Si les résultats sont au rendez-vous, ce modèle pourrait être étendu à d’autres secteurs, comme les énergies renouvelables ou la santé. Une chose est sûre : l’Algérie mise désormais sur l’innovation pour transformer ses défis en opportunités.