Zerhouni appelle à booster la recherche scientifique en Algérie

Le professeur Elias Zerhouni, figure emblématique de la recherche médicale et ancien directeur des National Institutes of Health (NIH) aux États-Unis, a souligné récemment à Oran l’urgence de renforcer la recherche scientifique et l’innovation pour assurer le développement économique et social de l’Algérie. Son intervention, rapportée par le site elmawkie.dz, intervient dans un contexte où le pays cherche à diversifier son économie et à réduire sa dépendance aux hydrocarbures.

Zerhouni, qui a également occupé le poste de président de la recherche et développement mondial chez Sanofi, a insisté sur la nécessité de créer un écosystème favorable à l’innovation, en impliquant davantage les universités, les centres de recherche et le secteur privé. « L’Algérie dispose d’un potentiel humain considérable, mais il faut structurer ce potentiel pour qu’il puisse contribuer efficacement à la croissance du pays », a-t-il déclaré. Il a notamment mis en avant le rôle des jeunes chercheurs et des start-up dans la transformation technologique du pays.

Parmi les pistes évoquées, Zerhouni a plaidé pour une meilleure collaboration entre les institutions publiques et les entreprises, afin de faciliter le transfert de technologies et la commercialisation des résultats de la recherche. Il a également souligné l’importance de l’investissement dans les infrastructures scientifiques, citant l’exemple des parcs technologiques et des incubateurs d’entreprises innovantes. « Sans une recherche de qualité et une capacité à innover, l’Algérie risque de rester en marge des grandes avancées technologiques mondiales », a-t-il averti.

Cette prise de position intervient alors que l’Algérie a récemment multiplié les initiatives pour dynamiser son secteur scientifique. En décembre 2024, le pays a organisé la quatorzième édition du Salon national de l’innovation, sous l’égide de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI). Cet événement a permis de mettre en lumière plusieurs projets innovants, notamment dans les domaines des énergies renouvelables, de l’agriculture et des technologies de l’information. Selon l’OMPI, plus de 200 inventions ont été présentées lors de cette édition, avec une participation accrue des jeunes chercheurs et des entrepreneurs.

Cependant, malgré ces efforts, des défis persistent. Le professeur Zerhouni a pointé du doigt la lenteur des procédures administratives et le manque de financement stable pour la recherche. « Les chercheurs algériens sont souvent confrontés à des obstacles bureaucratiques qui freinent leurs travaux. Il faut simplifier les démarches et garantir un financement pérenne pour les projets prometteurs », a-t-il expliqué. Il a également appelé à une meilleure reconnaissance du travail des scientifiques, en mettant en place des mécanismes de valorisation et de récompense pour les innovations locales.

Sur le plan international, Zerhouni a salué les accords de coopération signés entre l’Algérie et des partenaires comme la Chine, qui prévoient des projets conjoints dans les secteurs industriels et agricoles. En avril 2025, huit nouveaux accords ont été conclus entre Alger et Pékin, couvrant des domaines tels que les énergies renouvelables, la biotechnologie et la formation des chercheurs. Ces partenariats pourraient offrir des opportunités pour les scientifiques algériens, en leur permettant d’accéder à des technologies de pointe et à des échanges avec des experts étrangers.

Un autre enjeu soulevé par Zerhouni concerne la formation des chercheurs. Il a insisté sur la nécessité de moderniser les programmes universitaires pour les aligner sur les besoins du marché et les standards internationaux. « Les universités algériennes doivent former des scientifiques capables de répondre aux défis actuels, qu’il s’agisse du changement climatique, de la santé publique ou de la transition énergétique », a-t-il précisé. Il a également encouragé les étudiants algériens à poursuivre des études à l’étranger, tout en garantissant leur retour au pays pour contribuer au développement national.

Enfin, Zerhouni a évoqué l’importance de la vulgarisation scientifique pour sensibiliser la population à l’importance de la recherche. « Il faut expliquer aux citoyens en quoi la science peut améliorer leur quotidien, que ce soit en matière de santé, d’agriculture ou de technologie. Cela permettra de créer une culture de l’innovation et de susciter des vocations chez les jeunes », a-t-il déclaré.

L’intervention du professeur Zerhouni intervient à un moment où l’Algérie cherche à se positionner comme un acteur clé dans la région en matière de recherche et d’innovation. Avec des ressources humaines qualifiées et des partenariats internationaux en expansion, le pays dispose des atouts pour devenir un hub scientifique en Afrique du Nord. Reste à savoir si les recommandations formulées seront suivies d’effets concrets, notamment en termes de financement, de simplification administrative et de valorisation des chercheurs.

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