L’Algérie importe 5 000 vaches laitières des États-Unis

L’Algérie a réceptionné récemment un premier lot de 5 000 vaches laitières en provenance des États-Unis, marquant une étape clé dans le partenariat agricole entre Alger et Washington. Cette opération, annoncée par le ministère de l’Agriculture et du Développement rural, s’inscrit dans le cadre d’un accord signé en 2023 visant à renforcer la production laitière locale et à réduire la dépendance aux importations de poudre de lait.

Selon des sources proches du dossier citées par El Moudjahid, les vaches, de race Holstein, ont été sélectionnées pour leur productivité élevée et leur adaptation aux conditions climatiques algériennes. Elles seront réparties entre plusieurs fermes pilotes dans les wilayas de Blida, Sétif et Tiaret, où des infrastructures modernes ont été aménagées pour leur accueil. Le coût total de l’opération, estimé à plus de 50 millions de dollars, est financé en partie par des crédits américains et des fonds publics algériens.

Un secteur laitier sous tension

Le gouvernement algérien mise sur ce projet pour relancer la filière locale. « L’objectif est de produire 50 % du lait consommé en Algérie d’ici 2030 », a déclaré le ministre de l’Agriculture, Abdelhafid Henni, lors d’une visite à la ferme expérimentale de Sidi Abdelli (Tlemcen) en mars dernier. Les vaches importées devraient produire environ 150 millions de litres de lait par an, soit 5 % de la consommation nationale.

Des défis logistiques et sanitaires

Cependant, des éleveurs locaux expriment des réserves. « Nous craignons que ces vaches ne s’adaptent pas à notre climat, surtout dans le Sud où les températures dépassent souvent 40 degrés », explique Mohamed Amara, président de la Fédération nationale des éleveurs de bovins. Pour répondre à ces inquiétudes, le ministère a prévu un suivi vétérinaire régulier et des formations pour les agriculteurs bénéficiaires.

Un partenariat élargi avec les États-Unis

Un deuxième lot de 3 000 vaches est prévu pour 2025, avec une option pour 2 000 supplémentaires si les résultats du premier envoi sont concluants. Parallèlement, des discussions sont en cours pour importer des géniteurs bovins américains afin d’améliorer la race locale.

Réactions des acteurs économiques

Du côté des consommateurs, l’impact reste limité à court terme. « Le prix du litre de lait ne baissera pas immédiatement, mais cette initiative pourrait stabiliser les coûts à moyen terme », analyse un économiste interrogé par El Watan. Actuellement, le litre de lait frais se vend entre 120 et 150 dinars dans les grandes surfaces, un prix jugé élevé par une partie de la population.

Perspectives et limites

Par ailleurs, la concurrence des importations de poudre de lait, moins coûteuses, pourrait freiner les investissements dans la production locale. « La poudre de lait européenne reste 30 % moins chère que le lait frais produit en Algérie », rappelle un rapport de la Banque mondiale publié en 2024. Pour y remédier, le gouvernement envisage de renforcer les barrières douanières sur les produits laitiers importés, une mesure déjà appliquée pour d’autres secteurs comme l’automobile.

Cette opération avec les États-Unis s’ajoute à d’autres initiatives récentes, comme l’importation de café vietnamien ou le développement de partenariats avec le Brésil pour les viandes bovines. Elle reflète une stratégie plus large de diversification des sources d’approvisionnement, dans un contexte de tensions géopolitiques et de volatilité des marchés.

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