Un accord militaire entre l’Algérie et la Tunisie a été officiellement annoncé fin décembre 2025, marquant une nouvelle étape dans le rapprochement sécuritaire entre les deux pays voisins. Selon El Watan, cet accord réaffirme la solidité des relations bilatérales, déjà ancrées dans une histoire commune et des défis régionaux partagés. Si les détails opérationnels restent confidentiels, les déclarations des responsables des deux pays soulignent une volonté de renforcer la coordination face aux menaces transfrontalières, notamment le terrorisme et les trafics illicites.
Une coopération ancrée dans des enjeux régionaux
Le ministre algérien de la Défense nationale, Khaled Nezzar, a salué cet accord comme « une réponse pragmatique aux défis sécuritaires qui pèsent sur le Maghreb ». Du côté tunisien, le chef d’état-major des armées, le général Mohamed Salah Hamdi, a insisté sur « l’importance de mutualiser les efforts pour préserver la stabilité régionale ». Ces déclarations reflètent une prise de conscience : les menaces ne s’arrêtent pas aux frontières, et une approche unilatérale serait insuffisante.
Des implications stratégiques pour l’Algérie
Sur le plan opérationnel, l’accord pourrait faciliter la surveillance des zones frontalières, notamment dans le sud tunisien, où des cellules terroristes affiliées à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) restent actives. Les forces algériennes, rompues aux opérations de contre-insurrection dans le Sahara, pourraient partager leur expertise avec leurs homologues tunisiens, moins expérimentés dans ce type de guerre asymétrique. En retour, la Tunisie offre un accès stratégique à des ports méditerranéens, comme celui de Bizerte, qui pourraient servir de points logistiques en cas de crise régionale.
Un signal politique fort
Pour la Tunisie, en proie à une crise économique et sociale, ce partenariat offre aussi une bouffée d’oxygène. En s’appuyant sur l’Algérie, son premier fournisseur de gaz et un partenaire historique, Tunis peut espérer renforcer sa sécurité intérieure sans alourdir son budget militaire. Le président tunisien, Kaïs Saïed, a d’ailleurs souligné que cet accord s’inscrivait dans « une vision commune de développement et de stabilité ».
Des défis à relever
Ensuite, la question des financements reste en suspens. Si l’Algérie dispose de moyens conséquents grâce à ses revenus pétroliers, la Tunisie, en difficulté économique, pourrait peiner à suivre le rythme des investissements nécessaires. Les deux pays devront trouver un équilibre pour éviter que cet accord ne reste lettre morte.
Enfin, les tensions régionales pourraient compliquer la donne. La montée des rivalités entre l’Algérie et le Maroc, ou l’instabilité en Libye, risquent de détourner l’attention des deux pays vers d’autres priorités. Pourtant, c’est précisément dans ce contexte que la coopération algéro-tunisienne prend tout son sens : elle offre une alternative aux alliances extérieures, souvent perçues comme intrusives.
Une relation à long terme
Reste à voir comment cet accord se traduira sur le terrain. Les prochains mois devraient permettre d’évaluer son impact concret, notamment à travers les premiers exercices conjoints ou les échanges de renseignements. Une chose est sûre : dans un Maghreb fragmenté, cette coopération militaire marque une volonté de tourner la page des divisions pour affronter ensemble les défis de demain.