L’Algérie équipe la moitié des écoles primaires en tablettes

Le ministère de l’Éducation nationale a annoncé cette semaine le déploiement de tablettes numériques dans près de 50 % des écoles primaires du pays d’ici septembre 2025. Cette initiative, confirmée par des sources officielles auprès de l’Agence presse service (APS), s’inscrit dans le cadre du plan national de modernisation du système éducatif algérien. Les tablettes, équipées de contenus pédagogiques préchargés, visent à améliorer l’accès aux ressources numériques pour les élèves et les enseignants.

Selon We Are Tech, média spécialisé dans les innovations technologiques en Afrique, ce projet représente un investissement significatif dans les infrastructures éducatives. Les tablettes seront distribuées prioritairement dans les wilayas où l’accès aux outils numériques reste limité, notamment dans les zones rurales et les régions du Sud. Le ministère a précisé que les appareils seront dotés de logiciels adaptés aux programmes scolaires algériens, avec des fonctionnalités permettant un suivi individualisé des apprentissages.

Le déploiement s’accompagne d’une formation des enseignants à l’utilisation de ces outils. Des sessions de formation ont déjà été organisées dans plusieurs wilayas, dont Alger, Oran et Constantine, en collaboration avec des experts locaux et internationaux. L’objectif est de garantir une intégration efficace des tablettes dans les méthodes d’enseignement, sans remplacer les supports traditionnels comme les manuels scolaires.

Les retours des premières écoles équipées, notamment dans la wilaya de Blida, sont encourageants. Les enseignants interrogés par El Watan soulignent une amélioration de l’engagement des élèves, notamment en mathématiques et en sciences, grâce à des applications interactives. Cependant, certains soulèvent des défis logistiques, comme la nécessité de renforcer les infrastructures électriques et les connexions internet dans certaines écoles.

Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation numérique du secteur éducatif, lancée par le président Abdelmadjid Tebboune en 2022. Parmi les autres mesures figurent la création de plateformes d’apprentissage en ligne et le développement de contenus numériques en langue arabe et en tamazight. Le ministère de l’Éducation nationale a également annoncé la mise en place d’un système de maintenance centralisé pour assurer la durabilité des équipements.

Les tablettes utilisées sont produites localement, en partenariat avec des entreprises algériennes comme Condor et IRIS Technologies. Cette approche vise à soutenir l’industrie nationale tout en réduisant les coûts d’importation. Selon des sources proches du dossier, le gouvernement prévoit d’étendre ce dispositif à l’ensemble des écoles primaires d’ici 2027, sous réserve des résultats de la première phase.

Les parents d’élèves, interrogés par Liberté, expriment un mélange d’enthousiasme et de prudence. Certains saluent cette avancée, estimant qu’elle prépare les enfants aux compétences numériques indispensables pour l’avenir. D’autres s’inquiètent des risques liés à une exposition précoce aux écrans et appellent à un encadrement strict de leur utilisation en classe.

Le projet suscite également des débats parmi les experts en éducation. Pour le professeur Mohamed Benrabah, spécialiste des technologies éducatives à l’université d’Alger, « l’introduction des tablettes doit s’accompagner d’une refonte des méthodes pédagogiques pour éviter de reproduire les mêmes schémas avec de nouveaux outils ». Il souligne l’importance de former les enseignants non seulement à l’utilisation technique des appareils, mais aussi à leur intégration dans des approches pédagogiques innovantes.

Sur le plan financier, le coût total de l’opération n’a pas été officiellement communiqué, mais des estimations circulent dans la presse. Selon El Khabar, le budget alloué à cette première phase s’élèverait à plusieurs dizaines de milliards de dinars, financés en partie par des fonds publics et des partenariats avec des acteurs privés. Le ministère de l’Éducation nationale a refusé de commenter ces chiffres, se contentant d’indiquer que les détails seraient rendus publics ultérieurement.

Cette initiative s’ajoute à d’autres projets numériques en cours en Algérie, comme le déploiement de la fibre optique dans les zones reculées et la digitalisation des services administratifs. Elle reflète une volonté politique de positionner le pays comme un acteur majeur de l’innovation en Afrique du Nord. Cependant, des défis persistent, notamment en matière de connectivité et de formation des enseignants.

Les prochains mois seront décisifs pour évaluer l’impact réel de ce projet. Si les résultats sont concluants, l’Algérie pourrait servir de modèle pour d’autres pays africains cherchant à moderniser leurs systèmes éducatifs. En attendant, les acteurs du secteur restent mobilisés pour assurer une transition numérique réussie, au service des élèves et des enseignants.

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