La 12e édition de la Semaine du cinéma de la femme, prévue initialement en mars 2026, a été reportée au 7 avril 2026. Cette décision a été annoncée par le ministère de la Culture et des Arts, selon un communiqué publié par El Moudjahid le 7 avril 2026. Le report fait suite à la proclamation d’un deuil national en Algérie, sans que les détails de ce deuil ne soient précisés dans les sources officielles.
La Semaine du cinéma de la femme, organisée chaque année par l’Office national pour la culture et l’information (ONCI), est un événement majeur du paysage cinématographique algérien. Elle met en avant des réalisatrices, actrices et techniciennes du secteur, tout en proposant des projections, des débats et des ateliers autour de la place des femmes dans le 7e art. En 2025, l’édition avait attiré plus de 50 000 spectateurs dans une dizaine de wilayas, avec une programmation incluant des films algériens et internationaux.
D’après El Moudjahid, le report a été décidé « pour respecter le deuil national et permettre une organisation optimale de l’événement ». Les organisateurs ont assuré que la nouvelle date, fixée au 7 avril, ne devrait pas affecter la qualité de la programmation. Parmi les films annoncés figuraient des œuvres de réalisatrices algériennes comme Yamina Bachir (Rachida, 2002) et Sofia Djama (Les Bienheureux, 2017), ainsi que des productions étrangères abordant des thématiques féministes.
Le secteur cinématographique algérien traverse une période de mutations. En 2025, le Centre algérien de développement du cinéma (CADC) a annoncé un plan de relance incluant des aides financières pour les jeunes réalisateurs et la rénovation de salles de cinéma dans plusieurs wilayas. Cependant, des défis persistent, notamment en matière de distribution et de formation. La Semaine du cinéma de la femme reste l’un des rares espaces dédiés à la visibilité des créatrices, dans un milieu encore largement dominé par les hommes.
Les professionnels du secteur interrogés par El Watan ont salué la décision de reporter l’événement plutôt que de l’annuler, tout en soulignant l’importance de maintenir un calendrier culturel stable. « Un report est préférable à une annulation, mais il faut veiller à ce que cela ne devienne pas une habitude », a déclaré une réalisatrice sous couvert d’anonymat. Elle a ajouté que les festivals et événements culturels en Algérie souffrent souvent de reports ou d’annulations en raison de contraintes logistiques ou politiques.
La Semaine du cinéma de la femme s’inscrit dans une dynamique plus large de promotion de la culture algérienne. En 2024, le Festival international du film d’Alger (FIFA) avait mis en lumière plusieurs réalisatrices, dont la Franco-Algérienne Mounia Meddour, lauréate du César du meilleur premier film pour Papicha (2019). Ces initiatives contribuent à briser les stéréotypes et à offrir des modèles aux jeunes Algériennes aspirant à travailler dans le cinéma.
Le report de l’événement intervient dans un contexte où le cinéma algérien cherche à se réinventer. Les salles de cinéma, longtemps en déclin, connaissent un regain d’intérêt grâce à des initiatives comme le « Cinéma en plein air » lancé par le ministère de la Culture. Par ailleurs, des plateformes locales comme Dzair Play et Algerie Telecom TV diffusent désormais des films algériens, élargissant ainsi leur audience.
Les organisateurs de la Semaine du cinéma de la femme ont confirmé que la programmation prévue pour mars serait maintenue en avril. Parmi les temps forts figuraient une rétrospective des films de la réalisatrice Assia Djebar, ainsi qu’une table ronde sur l’évolution des rôles féminins dans le cinéma algérien depuis l’indépendance. Des invités internationaux, dont des réalisatrices tunisiennes et marocaines, étaient également attendus.
Le report de l’événement soulève des questions sur la gestion des calendriers culturels en Algérie. Plusieurs festivals, comme les Journées cinématographiques de Bejaïa ou le Festival du film amazigh, ont connu des reports similaires ces dernières années. Les professionnels du secteur appellent à une meilleure coordination entre les institutions pour éviter les chevauchements et garantir la pérennité de ces manifestations.
La Semaine du cinéma de la femme reste un rendez-vous incontournable pour les cinéphiles et les professionnels. Son report, bien que regrettable, offre une opportunité de renforcer sa visibilité et d’attirer un public plus large. Les organisateurs ont d’ores et déjà lancé une campagne de communication pour promouvoir la nouvelle date, avec des teasers diffusés sur les réseaux sociaux et dans les médias nationaux.
En attendant le 7 avril 2026, les cinéphiles algériens peuvent se tourner vers d’autres événements culturels, comme le Festival du film documentaire d’Alger, prévu en mai 2026. Ce festival, organisé par l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC), mettra en avant des documentaires algériens et africains, avec une attention particulière portée aux œuvres réalisées par des femmes.
La culture, et le cinéma en particulier, jouent un rôle clé dans la construction de l’identité nationale. En Algérie, où le secteur a connu des décennies de marginalisation, les initiatives comme la Semaine du cinéma de la femme sont essentielles pour redynamiser la production locale et offrir des espaces de création aux talents émergents. Le report de l’événement, bien que contraignant, ne doit pas éclipser les avancées réalisées ces dernières années.
Les autorités culturelles algériennes ont réaffirmé leur engagement à soutenir le cinéma national. En 2025, un fonds spécial a été créé pour financer des projets cinématographiques, avec une enveloppe de 500 millions de dinars. Ce fonds vise à encourager les jeunes réalisateurs et à produire des films reflétant la diversité de la société algérienne. La Semaine du cinéma de la femme, avec son focus sur les créatrices, s’inscrit pleinement dans cette dynamique.
Alors que l’Algérie se prépare à célébrer le 64e anniversaire de son indépendance en juillet 2026, le cinéma reste un vecteur puissant pour raconter son histoire et ses défis contemporains. Les réalisatrices algériennes, souvent en première ligne pour aborder des sujets sensibles, contribuent à façonner une narration nationale inclusive. Le report de la Semaine du cinéma de la femme est une parenthèse, mais l’élan qu’elle impulse au secteur est bien réel.