Le succès économique des Algériens à l’étranger ne cesse de se confirmer, illustrant une dynamique qui dépasse les frontières nationales. Selon L’Expression, plusieurs figures de la diaspora ont récemment marqué leur empreinte dans des secteurs variés, allant de la finance à l’innovation technologique, en passant par l’entrepreneuriat social. Ces parcours, souvent méconnus en Algérie, révèlent un potentiel encore sous-exploité pour le pays.
Des trajectoires inspirantes entre deux rives
Autre figure emblématique : Leïla Benali, une ingénieure en intelligence artificielle installée à Paris. Elle a cofondé DeepMind Algiers, une filiale du géant britannique DeepMind, spécialisée dans le développement d’algorithmes pour les énergies renouvelables. Son équipe, composée à 40 % d’Algériens, a mis au point un système de prévision de la production solaire avec une marge d’erreur inférieure à 2 %. Ce projet, soutenu par des partenariats avec Sonelgaz et le Commissariat aux énergies renouvelables, pourrait accélérer la transition énergétique du pays. « L’Algérie a les ressources humaines et naturelles pour devenir un leader régional, mais il faut des ponts avec la diaspora », souligne-t-elle.
L’entrepreneuriat social, un levier sous-estimé
Ces exemples soulèvent une question centrale : comment l’Algérie peut-elle mieux capitaliser sur ces compétences ? Selon L’Expression, plusieurs obstacles persistent, notamment la complexité des procédures administratives pour les investissements transnationaux et le manque de mécanismes incitatifs. Pourtant, des signaux encourageants émergent. Le ministère des Affaires étrangères a récemment lancé un programme de « parrainage » entre entrepreneurs de la diaspora et start-up algériennes, avec une enveloppe de 5 millions de dinars dédiée aux projets innovants. « C’est un premier pas, mais il faut aller plus loin en simplifiant les démarches fiscales et en sécurisant les investissements », estime un expert cité par le journal.
Des secteurs clés à fort potentiel
Dans le domaine culturel, la designer Yasmine Bouzid, installée à Berlin, a créé une marque de mode éthique, DZ Heritage, qui valorise les savoir-faire artisanaux algériens. Ses collections, vendues dans une dizaine de pays, emploient directement 50 tisserands dans les Aurès et à Tlemcen. « Notre défi est de préserver ces métiers tout en les adaptant aux standards internationaux », explique-t-elle. Son entreprise a été primée en 2025 par le German Design Award, une première pour une marque algérienne.
Vers une stratégie nationale intégrée ?
Plusieurs pistes sont évoquées pour renforcer ces liens. La création d’une agence dédiée à la diaspora, sur le modèle marocain ou tunisien, est souvent mentionnée. Une telle structure pourrait faciliter les investissements, encadrer les transferts de technologies et promouvoir les partenariats public-privé. Par ailleurs, des événements comme le Forum des compétences algériennes à l’étranger, organisé chaque année à Alger, pourraient être élargis à d’autres villes pour toucher un public plus large.
Les exemples de Samir Boudraa, Leïla Benali ou Karim Meziane montrent que la diaspora algérienne n’est pas seulement une source de devises, mais un levier de développement. Reste à savoir si les institutions sauront transformer ces opportunités en actions concrètes, au-delà des discours. Comme le résume un entrepreneur cité par L’Expression : « L’Algérie a tout pour réussir. Il lui manque parfois la volonté de le faire. »