Imane Khelif quitte la boxe selon son manager

La championne olympique algérienne Imane Khelif aurait définitivement tourné la page de sa carrière sportive. Selon une déclaration rapportée par Ouest-France ce mercredi 20 août 2025, son ancien manager a confirmé que l’athlète « a quitté le monde de la boxe ». Une annonce qui marque la fin d’un parcours exceptionnel, mais qui soulève aussi des questions sur l’avenir des sportifs algériens après les sommets.

Un départ inattendu après l’or olympique

Ce départ intervient dans un contexte particulier. Khelif avait été au cœur d’une polémique internationale lors des Jeux de Paris, où des accusations infondées sur son genre avaient été relayées par certains médias et personnalités. Bien que ces allégations aient été démenties par le Comité international olympique (CIO) et la Fédération internationale de boxe (IBA), l’affaire avait terni une partie de son parcours. Son retrait pourrait-il être lié à ces tensions ? Aucune déclaration officielle de l’intéressée ou de la Fédération algérienne de boxe (FAB) ne permet pour l’instant de l’affirmer.

Un vide à combler pour la boxe algérienne

La Fédération algérienne de boxe, présidée par Abdelhafid Benchabla, n’a pas encore réagi à l’annonce. Pourtant, la question de la relève se pose avec acuité. Comment préparer la prochaine génération à prendre le relais ? Les clubs locaux, souvent confrontés à des problèmes de financement et d’équipements, peinent à offrir un encadrement optimal. Le ministère de la Jeunesse et des Sports, dirigé par Abderrazak Sebgag, a lancé en 2023 un plan de développement du sport de haut niveau, mais les résultats tardent à se concrétiser.

Les défis post-carrière des athlètes algériens

Pour Khelif, les options semblent limitées. Une carrière dans le coaching ou l’arbitrage pourrait être envisagée, mais ces voies nécessitent des formations spécifiques, souvent difficiles d’accès en Algérie. Par ailleurs, son statut de figure publique pourrait lui ouvrir des portes dans le monde des médias ou de l’entrepreneuriat sportif, comme l’a fait la judokate Soraya Haddad après sa retraite. Cependant, sans accompagnement institutionnel, ces transitions restent incertaines.

Un héritage à préserver

La Fédération internationale de boxe (IBA), dirigée par Umar Kremlev, a récemment salué les performances des boxeurs algériens, mais a aussi pointé du doigt les lacunes en matière de formation et de suivi médical. Un rapport publié en 2024 soulignait notamment le manque de préparateurs physiques spécialisés et de nutritionnistes dans les équipes nationales. Ces carences expliquent en partie pourquoi certains athlètes, malgré leur talent, ne parviennent pas à maintenir leur niveau sur le long terme.

Vers une nouvelle ère pour le sport algérien ?

Par ailleurs, l’Algérie pourrait s’inspirer de modèles étrangers, comme celui du Maroc, qui a mis en place un système de bourses pour ses champions, ou de la France, où les athlètes bénéficient d’un suivi personnalisé après leur carrière. Une collaboration avec des fédérations internationales, comme l’IBA ou le CIO, pourrait aussi permettre d’accélérer ces réformes.

En attendant, le départ de Khelif laisse un goût d’inachevé. Son parcours, marqué par des hauts et des bas, reflète les défis auxquels sont confrontés les sportifs algériens. Si son retrait est confirmé, il restera à voir comment l’Algérie transformera cette page tournée en une opportunité pour bâtir un avenir plus solide pour ses athlètes.

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