Gara Djebilet lance l’ère industrielle algérienne

Le 28 janvier 2026 marque un tournant pour l’économie algérienne avec le lancement officiel du complexe minier et sidérurgique de Gara Djebilet, situé dans la wilaya de Tindouf. Ce projet, porté par le groupe public SONATRACH en partenariat avec des entreprises chinoises et algériennes, vise à exploiter l’un des plus grands gisements de fer au monde, estimé à plus de 3 milliards de tonnes de minerai. Selon les déclarations du ministre de l’Industrie, Ahmed Zeghdar, rapportées par Algerie360, ce complexe devrait produire 2 à 3 millions de tonnes de minerai de fer par an dès sa première phase, avec une capacité maximale prévue à 10 millions de tonnes d’ici 2030.

Un gisement stratégique pour l’Algérie

D’après les données de la Direction générale des mines, citées par El Watan, le projet devrait générer plus de 10 000 emplois directs et indirects, dont 3 000 dès la première phase. Les retombées économiques locales sont déjà visibles : la wilaya de Tindouf a enregistré une hausse de 40 % de ses investissements publics en 2025, selon le wali de la région, Mohamed Boubekeur. Les infrastructures routières, les logements sociaux et les écoles construits autour du site témoignent de cette dynamique.

Partenariats et enjeux technologiques

Cependant, des défis persistent. Le complexe consommera d’importantes quantités d’eau et d’énergie, deux ressources critiques dans une région désertique. Pour y répondre, SONATRACH a annoncé la construction d’une usine de dessalement d’eau de mer à proximité, ainsi que le raccordement du site au réseau électrique national. Par ailleurs, la question environnementale est au cœur des préoccupations. Le projet prévoit un système de recyclage des déchets miniers et une reforestation des zones exploitées, conformément aux normes internationales.

Impact sur l’économie nationale

Le secteur privé algérien est également appelé à jouer un rôle clé. Plusieurs entreprises locales, spécialisées dans la maintenance industrielle et la logistique, ont déjà signé des contrats avec les opérateurs du complexe. Parmi elles, l’entreprise publique Cosider Travaux Publics, chargée de la construction des infrastructures, et le groupe privé Cevital, qui fournira des équipements électriques. Le président-directeur général de Cevital, Issad Rebrab, a déclaré à Liberté que ce projet « ouvre des perspectives inédites pour les industriels algériens, notamment dans les domaines de la métallurgie et des énergies renouvelables ».

Défis logistiques et géopolitiques

Sur le plan géopolitique, le projet suscite l’intérêt de plusieurs pays. La Chine, premier importateur mondial de minerai de fer, a déjà manifesté son intention d’acheter une partie de la production algérienne. Des discussions sont également en cours avec l’Union européenne, qui cherche à réduire sa dépendance aux approvisionnements russes. Le commissaire européen à l’Industrie, Thierry Breton, a récemment évoqué, lors d’une visite à Alger, la possibilité de partenariats dans le cadre du plan « Critical Raw Materials Act », qui vise à sécuriser les chaînes d’approvisionnement en minerais stratégiques.

Réactions locales et perspectives

Pour l’Algérie, Gara Djebilet symbolise bien plus qu’un projet minier : c’est une étape vers une économie post-pétrole. Le président Abdelmadjid Tebboune a d’ailleurs rappelé, lors de l’inauguration du site, que ce complexe « n’est qu’un début » et que d’autres gisements, comme ceux de zinc et de phosphate dans le sud, seront exploités dans les années à venir. Reste à savoir si l’Algérie parviendra à transformer cette opportunité en une industrie compétitive et durable, capable de rivaliser avec les géants du secteur.

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