Abidjan a accueilli récemment le lancement de la cinquième édition du Forum de l’insertion, un événement organisé par le gouvernement ivoirien en partenariat avec des acteurs publics et privés. Selon APAnews – Agence de Presse Africaine, cette initiative vise à faciliter l’accès des jeunes à l’emploi et à l’entrepreneuriat, un enjeu qui résonne fortement en Algérie, où le chômage des jeunes reste un défi structurel.
Un modèle d’intégration par l’innovation
En Algérie, des dispositifs similaires existent, comme l’Agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes (ANSEJ) ou l’Agence nationale de gestion du microcrédit (ANGEM). Cependant, leur impact reste limité par des lourdeurs administratives et un manque de coordination entre les différents acteurs. Le modèle ivoirien, qui associe étroite collaboration entre l’État, les entreprises et les incubateurs, pourrait offrir des pistes d’amélioration. Par exemple, le programme « Jeunes Entrepreneurs » en Côte d’Ivoire propose un accompagnement personnalisé, incluant un suivi post-création, une pratique encore peu développée en Algérie.
L’entrepreneuriat jeune, un levier sous-exploité
En Algérie, malgré des dispositifs comme l’ANSEJ, les jeunes entrepreneurs peinent à obtenir des prêts bancaires, en raison de garanties jugées insuffisantes ou de taux d’intérêt élevés. Le taux de survie des startups algériennes à trois ans reste inférieur à 20 %, contre plus de 50 % en Côte d’Ivoire, selon des données de la Banque africaine de développement. Une différence qui s’explique en partie par l’absence de structures d’accompagnement pérennes. Le Forum ivoirien, en intégrant des incubateurs privés comme « Investisseurs & Partenaires » ou « Afric’Innov », montre comment le secteur privé peut compléter l’action publique.
Des défis communs, des réponses adaptées
En Algérie, des initiatives comme le programme « 100 000 startups » lancé en 2023 visent des objectifs comparables, mais leur mise en œuvre se heurte à des obstacles bureaucratiques. Le Forum ivoirien offre un exemple de flexibilité : les participants peuvent s’inscrire en ligne, bénéficier de formations en présentiel ou à distance, et accéder à une plateforme de mise en relation avec des investisseurs. Une approche qui pourrait inspirer l’Algérie, où les procédures restent souvent longues et complexes.
Vers une coopération algéro-ivoirienne ?
Pour l’Algérie, l’enjeu est double : d’une part, adapter les bonnes pratiques observées en Côte d’Ivoire à son contexte local, et d’autre part, renforcer les synergies entre les différents acteurs de l’emploi et de l’entrepreneuriat. Le Forum de l’insertion rappelle que la lutte contre le chômage des jeunes ne peut se limiter à des mesures ponctuelles, mais doit s’inscrire dans une stratégie globale, associant formation, financement et accompagnement. Une leçon à méditer pour les décideurs algériens.