Le Forum africain de l’investissement et du commerce, organisé récemment à Alger, marque une étape dans la stratégie économique de l’Algérie. Selon El Watan, cet événement a réuni plus de 500 participants, dont des chefs d’entreprise, des ministres et des représentants d’institutions financières africaines. L’objectif affiché : transformer les déclarations d’intention en contrats concrets.
Les chiffres présentés lors du forum révèlent une dynamique nouvelle. Le ministre du Commerce et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, a annoncé que les échanges commerciaux entre l’Algérie et les pays africains ont atteint 3,2 milliards de dollars en 2025, en hausse de 18 % par rapport à l’année précédente. Cette progression s’explique en partie par la levée des barrières tarifaires pour une centaine de produits algériens dans plusieurs pays du continent, notamment en Afrique de l’Ouest.
Des secteurs porteurs identifiés
Le deuxième secteur, l’énergie, a vu la participation active de Sonatrach et de Sonelgaz. Le PDG de Sonatrach, Rachid Hachichi, a présenté les opportunités dans les énergies renouvelables, notamment les projets solaires en Algérie, qui pourraient alimenter des pays voisins comme le Mali et le Niger. Un accord préliminaire a été conclu avec la société malienne Energie du Mali pour la fourniture d’électricité solaire.
Enfin, les infrastructures ont été un axe majeur. Le groupe Cosider a annoncé un partenariat avec une entreprise kenyane pour la construction de routes en Afrique de l’Est. Ce projet, d’un montant estimé à 200 millions de dollars, vise à renforcer les corridors commerciaux entre l’Algérie et les pays d’Afrique subsaharienne.
Les défis logistiques et financiers
Sur le plan financier, les participants ont insisté sur la nécessité de faciliter les transactions en devises locales. La Banque d’Algérie a annoncé la création d’un mécanisme de compensation pour les échanges intra-africains, afin de réduire la dépendance au dollar. Ce système, inspiré de l’expérience ouest-africaine, devrait être opérationnel d’ici fin 2026.
Des accords concrets signés
Un autre accord notable concerne la coopération entre l’Algérie et le Rwanda dans le domaine des technologies de l’information. La société algérienne Condor Electronics a signé un contrat pour la fourniture de 10 000 tablettes éducatives au ministère rwandais de l’Éducation.
Une approche ciblée vers l’Afrique
Cette approche contraste avec les relations commerciales traditionnelles de l’Algérie, historiquement tournées vers l’Europe. En 2025, les échanges avec l’Union européenne représentaient encore 60 % du commerce extérieur algérien, contre seulement 8 % pour l’Afrique. Le forum vise précisément à rééquilibrer cette répartition.
Les prochaines étapes
Par ailleurs, une plateforme numérique sera lancée d’ici la fin de l’année pour faciliter les échanges entre les entreprises algériennes et africaines. Cette plateforme, développée en collaboration avec l’Union africaine, permettra de mettre en relation les exportateurs et les importateurs, et de suivre l’évolution des projets en temps réel.
Le prochain forum est prévu à Alger en 2027, avec pour objectif d’élargir la participation à d’autres pays africains, notamment ceux d’Afrique centrale. D’ici là, les autorités algériennes misent sur la concrétisation des projets annoncés pour ancrer durablement l’Algérie comme un acteur économique clé du continent.