Fonds souverains Maroc où en est la stratégie

Les fonds souverains marocains font l’objet d’une attention croissante sur le continent, notamment en Algérie où leur modèle est scruté. Selon Le360, le Maroc a récemment renforcé sa stratégie d’investissement via ses deux principaux véhicules : Ithmar Capital, créé en 2011, et Al Moutahedoune Wa Al Mouwassaoune, lancé plus récemment. Ces fonds, dotés de plusieurs milliards de dollars, visent à soutenir des projets stratégiques dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures et de l’agroalimentaire.

Ithmar Capital, géré par une équipe dirigée par Youssef Rouissi, a accumulé un portefeuille d’actifs diversifiés, incluant des participations dans des entreprises marocaines et africaines. Le fonds a notamment investi dans des projets d’énergies renouvelables, comme la centrale solaire Noor Ouarzazate, l’une des plus grandes au monde. Al Moutahedoune Wa Al Mouwassaoune, quant à lui, se concentre sur des partenariats publics-privés et des investissements dans des secteurs porteurs comme le numérique et la logistique.

L’Algérie observe de près cette dynamique, alors que son propre fonds souverain, la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG), tente de se repositionner. La CDG a géré des activos estimés à plus de 10 000 milliards de dinars algériens, mais son rôle dans l’économie reste moins visible que celui des fonds marocains. Le Maroc, avec ses fonds souverains, montre comment un pays peut mobiliser des ressources publiques pour catalyser des investissements privés et attirer des capitaux étrangers.

Pour les entrepreneurs algériens, cette stratégie marocaine offre des enseignements. D’abord, la diversification des portefeuilles d’investissement permet de réduire les risques. Le Maroc a su équilibrer ses investissements entre secteurs traditionnels et émergents, une approche que l’Algérie pourrait reproduire. Ensuite, les partenariats public-privé (PPP) sont au cœur de la réussite marocaine. Le fonds Al Moutahedoune Wa Al Mouwassaoune finance des projets d’infrastructures en collaboration avec des acteurs privés, un modèle que l’Algérie pourrait adapter pour relancer ses grands projets.

Les chiffres sont parlants : Ithmar Capital a levé plus de 30 milliards de dollars depuis sa création, tandis que les fonds marocains ont contribué à la création de milliers d’emplois. En Algérie, le fonds souverain algérien a du mal à mobiliser des capitaux privés à grande échelle, en partie à cause d’un cadre réglementaire moins incitatif.

Les entrepreneurs algériens pourraient tirer parti de cette comparaison pour plaider en faveur de réformes accélérées. Une fiscalité plus attractive, des garanties pour les investisseurs et une transparence accrue dans la gestion des fonds souverains pourraient renforcer la confiance. Le Maroc montre que les fonds souverains peuvent être des leviers de croissance, à condition d’être bien gérés et alignés sur des stratégies économiques claires.

À retenir pour les entrepreneurs
Le Maroc démontre qu’un fonds souverain bien structuré peut catalyser des investissements privés dans les énergies renouvelables et les infrastructures. En Algérie, la CDG dispose d’un patrimoine important, mais son impact sur l’écosystème entrepreneurial reste limité sans réformes profondes. Les partenariats public-privé, comme ceux portés par Al Moutahedoune Wa Al Mouwassaoune, offrent un modèle à étudier pour les créateurs d’entreprise.

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