L’Algérie a enregistré un rythme soutenu d’investissements étrangers au cours des six dernières semaines, avec onze projets lancés depuis début janvier 2025, selon Leconomiste Maghrebin. Ces initiatives, portées par des acteurs internationaux, couvrent des secteurs stratégiques et reflètent une dynamique nouvelle pour l’économie nationale.
Une accélération inédite en début d’année
Parmi les projets les plus médiatisés figure l’implantation d’une unité de production de panneaux solaires par la société émiratie Masdar, en partenariat avec Sonatrach. Ce projet, annoncé en décembre 2024, a franchi une étape clé avec le début des travaux sur le site de Ghardaïa. Selon des sources proches du dossier, l’usine devrait atteindre une capacité de 500 mégawatts par an d’ici 2027, répondant à une partie des objectifs du plan national des énergies renouvelables.
Des secteurs ciblés pour réduire la dépendance
Les technologies de l’information ne sont pas en reste. Une entreprise chinoise, dont le nom n’a pas été révélé, a entamé la construction d’un data center à Alger, en collaboration avec Algérie Télécom. Ce projet, d’un coût estimé à 150 millions de dollars, s’ajoute à l’initiative « Smart Algeria » lancée en 2023 pour moderniser les infrastructures numériques. Selon des experts du secteur, cette infrastructure pourrait positionner l’Algérie comme hub régional pour le stockage et le traitement des données.
Des partenariats qui bousculent les habitudes
Un autre exemple marquant est l’accord signé entre le groupe français Schneider Electric et le ministère de l’Industrie pour la création d’un centre de formation en automatisation industrielle à Oran. Ce projet, d’un montant de 20 millions d’euros, vise à former 5 000 techniciens d’ici 2030. Il répond à un besoin criant de main-d’œuvre qualifiée, souvent cité comme un frein à l’industrialisation du pays.
Les défis de la concrétisation
Par ailleurs, la question des financements locaux reste un enjeu. Plusieurs projets prévoient des co-investissements avec des acteurs algériens, comme la Société nationale des véhicules industriels (SNVI) ou des banques publiques. Or, ces entités peinent parfois à mobiliser les fonds nécessaires dans les délais impartis. Un responsable du ministère des Finances, cité sous couvert d’anonymat, a reconnu que « certains partenariats sont freinés par des lenteurs dans le déblocage des crédits ».
Un signal pour l’écosystème économique
Les retombées en termes d’emploi sont également scrutées. Selon les projections du ministère du Travail, les onze projets pourraient générer entre 8 000 et 10 000 emplois directs et indirects d’ici 2026. Un chiffre non négligeable dans un contexte de chômage des jeunes estimé à 29 % en 2024 par l’Office national des statistiques (ONS).
Une tendance à confirmer
Le gouvernement algérien semble conscient de ces enjeux. Lors d’une récente réunion du Conseil des ministres, le président Abdelmadjid Tebboune a insisté sur la nécessité d’ »accélérer les réformes structurelles pour faciliter l’installation des investisseurs étrangers ». Une déclaration qui intervient alors que le pays prépare une nouvelle loi sur l’investissement, attendue pour le second semestre 2025.
En attendant, les onze projets lancés en un mois et demi constituent une avancée tangible. Ils témoignent d’un regain d’intérêt pour l’Algérie, après des années de méfiance de la part des investisseurs internationaux. Reste à savoir si cette tendance se confirmera dans la durée, ou si elle ne sera qu’un feu de paille.