Le chômage des jeunes femmes en Tunisie un frein à l'entrepreneuriat
Selon OpenEdition Journals, les jeunes femmes tunisiennes subissent des discriminations systémiques dans l’accès à l’emploi, ce qui limite leur participation à l’économie et leur capacité à créer des entreprises. Ce phénomène, documenté récemment, met en lumière des obstacles persistants malgré les avancées législatives et sociales dans la région.
Une étude publiée récemment révèle que les femmes en Tunisie sont surreprésentées dans les secteurs précaires et sous-payés. Leur taux de chômage atteint 30 % contre 15 % pour les hommes, selon les données officielles. Cette situation est aggravée par des stéréotypes persistants qui les cantonnent à des rôles traditionnels, réduisant leurs opportunités dans les secteurs porteurs comme la tech ou l’industrie.
Les institutions tunisiennes tentent de réagir. Le ministère des Affaires de la Femme a lancé des programmes de formation professionnelle ciblés, mais leur impact reste limité. Par exemple, le programme « Tounesna » vise à accompagner 5 000 femmes vers l’entrepreneuriat d’ici 2026, un chiffre modeste face aux besoins. Les entrepreneures tunisiennes soulignent aussi le manque de financement accessible, avec seulement 12 % des prêts bancaires destinés aux femmes.
En Algérie, ces dynamiques ne sont pas sans écho. Le taux de chômage des jeunes femmes algériennes atteint 25 %, selon l’ONS, avec des disparités régionales marquées. Les femmes représentent 20 % des créateurs d’entreprise, mais leur accès aux fonds d’investissement reste inégal. Les secteurs du numérique et des services, en croissance, leur offrent pourtant des opportunités inexploitées.
La diaspora algérienne peut jouer un rôle clé. Des initiatives comme « Algeria Startup Fund » visent à soutenir les entrepreneures, mais leur portée reste limitée. Les réseaux diasporiques pourraient faciliter l’accès aux marchés internationaux et aux partenariats, surtout pour les femmes dans les tech et l’agroalimentaire.
Les discriminations en Tunisie rappellent à l’Algérie l’urgence d’agir. Renforcer l’accès des femmes aux financements, comme le fait la Banque algérienne de développement avec son fonds « Femmes Entrepreneures », est un pas nécessaire. Mais les mentalités doivent évoluer pour briser les stéréotypes persistants.
L'entrepreneuriat féminin face aux freins structurels
Les discriminations dans l’emploi ne sont qu’un aspect d’un problème plus large. Les femmes entrepreneures en Tunisie et en Algérie font face à des défis similaires : accès limité au capital, réseaux masculins dominants et manque de mentorat. Une enquêté tunisienne, Samira Ben Ali, fondatrice d’une startup de logistique, explique : « Les investisseurs me demandent des garanties impossibles à fournir, alors qu’un homme dans la même situation n’aura pas ce problème. »
En Algérie, des programmes comme « ANSEJ » ou « CNAC » offrent des aides, mais leur complexité administrative décourage souvent les femmes. Les secteurs traditionnels, comme le textile ou l’artisanat, restent les plus accessibles, limitant l’innovation et la croissance. Une étude de la Banque mondiale souligne que les entreprises dirigées par des femmes en Algérie ont un chiffre d’affaires moyen inférieur de 30 % à celles dirigées par des hommes.
La diaspora pourrait être un levier. Des réseaux comme « Djazairo » ou « Algérie Entrepreneur » organisent des webinaires et des concours pour soutenir les entrepreneures locales. Cependant, leur impact dépendra de la capacité à créer des ponts durables entre les marchés algériens et internationaux.
Ce que l'Algérie peut apprendre de la Tunisie
Malgré ses défis, la Tunisie a mis en place des lois progressistes, comme le quota de 30 % de femmes dans les conseils d’administration. L’Algérie, avec sa loi sur l’entrepreneuriat féminin adoptée en 2020, pourrait s’en inspirer pour renforcer ses dispositifs. La création d’incubateurs dédiés, comme « Startup Your Life » à Alger, est un début, mais leur financement reste insuffisant.
Les femmes entrepreneures en Algérie et en Tunisie partagent des combats communs : visibilité, accès aux ressources et reconnaissance. Les initiatives locales, comme les marchés de produits artisanaux féminins à Oran ou Tunis, montrent que lorsque les opportunités existent, les résultats suivent. Mais ces modèles restent marginaux.
À retenir pour les entrepreneurs
Les femmes entrepreneures en Algérie et en Tunisie doivent s’appuyer sur des réseaux solides et des programmes ciblés pour contourner les obstacles. Les secteurs du numérique et des services offrent des opportunités inexploitées. La diaspora peut jouer un rôle clé en facilitant l’accès aux marchés internationaux.
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