DigiEnR lance l’électricité verte Algérie-Allemagne

Le projet DigiEnR, fruit d’un partenariat entre l’Algérie et l’Allemagne, marque une étape concrète dans la transition énergétique du pays. Annoncé récemment par le ministère algérien de la Transition énergétique et des Énergies renouvelables, ce programme vise à moderniser le réseau électrique national en intégrant des solutions numériques pour optimiser la production et la distribution d’énergies vertes. Selon L’Algérie Aujourd’hui, qui a révélé les détails de l’accord, ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération bilatérale, avec un accent particulier sur les technologies propres.

Un partenariat technologique et écologique

Les premières installations pilotes sont prévues dans les wilayas de Ghardaïa et d’Adrar, deux régions dotées d’un potentiel solaire exceptionnel. Les systèmes intelligents déployés permettront de gérer en temps réel la production d’électricité issue des centrales solaires, tout en adaptant la consommation aux besoins locaux. Selon des sources proches du dossier, citées par El Watan, ces technologies pourraient réduire jusqu’à 15 % les pertes sur le réseau, un enjeu crucial pour un pays où le taux de déperdition énergétique reste élevé.

Des retombées économiques et industrielles

Par ailleurs, le projet inclut un programme de formation pour les ingénieurs et techniciens algériens, en partenariat avec l’École nationale polytechnique d’Alger et l’Université des sciences et de la technologie Houari-Boumediene (USTHB). Ces formations, axées sur les smart grids et la maintenance des infrastructures renouvelables, visent à constituer un vivier de compétences locales pour soutenir la croissance du secteur.

Un modèle pour l’Afrique ?

Pour l’Allemagne, ce projet s’inscrit dans sa stratégie de coopération avec les pays du Sud en matière de transition énergétique. Berlin, qui cherche à réduire sa dépendance aux énergies fossiles, voit dans l’Algérie un partenaire clé pour sécuriser des approvisionnements en hydrogène vert à long terme. Une étude récente de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) estime que l’Algérie pourrait exporter jusqu’à 10 GW d’hydrogène vert vers l’Europe d’ici 2040, à condition de moderniser son réseau électrique.

Défis et critiques

Un autre défi réside dans l’intégration des énergies intermittentes (solaire, éolien) dans un réseau électrique encore largement dépendant du gaz naturel. SONELGAZ a récemment reconnu que les infrastructures actuelles n’étaient pas optimisées pour absorber une part trop importante d’énergies renouvelables sans risque de black-out. Le projet DigiEnR prévoit justement de tester des solutions de stockage et de gestion intelligente pour pallier ce problème.

Prochaines étapes

Pour les citoyens, les bénéfices pourraient se matérialiser par une stabilisation des prix de l’électricité et une réduction des coupures, notamment dans les zones rurales. « Ce projet est une opportunité pour l’Algérie de montrer qu’elle peut concilier développement économique et préservation de l’environnement », résume un responsable de SONELGAZ sous couvert d’anonymat. Reste à savoir si les promesses se traduiront par des résultats tangibles, dans un pays où les projets énergétiques ont souvent été ralentis par des lourdeurs administratives.

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