Rappel des tendances
La semaine a confirmé trois dynamiques : la poursuite de la formalisation des entreprises via le Registre de commerce (RC), l’extension des outils numériques pour les démarches administratives et commerciales, et l’activation de leviers publics pour soutenir les PME. Les données disponibles concernent majoritairement des acteurs établis (Sonatrach via Sinotruk, Jumia) ou des dispositifs existants (placements sans risque, fonds souverains). Aucun nouveau mécanisme d’incitation n’a été annoncé.
Formalisation des entreprises : procédures et sanctions
Le Registre de commerce (RC) reste au cœur des évolutions réglementaires. Zahir Bettache, directeur des éditions Pro Cible, a rappelé lors d’un entretien au Jeune Indépendant que les entreprises en infraction encourent des sanctions, sans préciser leur nature ou leur montant. La cession de parts sociales dans une EURL fait l’objet d’un nouveau formalisme : depuis 2023, les associés doivent préparer et communiquer aux autres associés les documents sociaux avant l’approbation des comptes, une étape qui s’ajoute aux obligations fiscales existantes (droit d’enregistrement de 4 % sur la valeur des parts cédées).
Côté contentieux, la question des arrêts maladie pour les commerçants et artisans est en débat. Un guide prévisionnel pour 2026 évoque un comptage spécifique des jours, mais sans détail sur les modalités pratiques ou les preuves requises pour justifier l’arrêt.
Financement et investissement : stabilité et diversification
Trois thèmes structurent les discussions sur le financement des PME :
1. Placements sans risque : Les meilleurs taux pour 2026 sont estimés entre 3 % et 4,5 % pour les comptes à terme, selon les banques publiques. Les certificats de dépôt sont proposés à 5,2 % sur 12 mois par la BNA, avec un plafond de 10 millions de dinars par personne.
2. Investissements alternatifs : Les fonds souverains marocains (comme Al Moutahed) sont cités comme référence en matière de gestion des marchés publics. Leur approche repose sur un fonds dédié aux PME (300 millions d’euros en 2025) et des partenariats avec des banques locales.
3. Marchés publics : Une tribune propose la création d’un « investisseur public agile », sans préciser ses modalités d’intervention ou son budget.
Aucune annonce n’a été faite sur de nouveaux fonds dédiés aux startups ou aux projets innovants.
Commerce et numérique : croissance ciblée
L’e-commerce confirme sa progression avec deux indicateurs :
– Jumia fête ses 6 ans en Algérie avec un événement commercial prévu en octobre 2025. La plateforme a enregistré une croissance de 22 % du volume des commandes au premier semestre 2025 (source : communiqué interne).
– Marché des boissons énergisantes : Estimé à 4,2 milliards de dinars en 2024, il devrait croître de 5,1 % par an jusqu’en 2034, porté par une demande urbaine. Les marques locales (comme Hamoud Boualem) détiennent 60 % de part de marché, devant les importés (Burn, Red Bull).
– Habillement : L’inflation a réduit le pouvoir d’achat de 8 % depuis 2023, poussant les consommateurs vers des circuits de distribution informels (marchés, réseaux sociaux). Les enseignes traditionnelles enregistrent une baisse de 12 % de leur chiffre d’affaires en 2025.
Industrie et subventions : quelques signaux sectoriels
Le Centre national du registre du commerce (CNRC) a publié des données sectorielles :
– Sinotruk a signé un accord avec l’usine Tirsam de Batna pour produire des camions à énergie alternative. L’investissement initial est de 1,2 milliard de dinars, avec une capacité de 5 000 unités par an.
– Gestion des déchets : 4 080 entreprises sont actives dans le secteur, mais aucune ne dépasse 500 employés. Les données sur leur chiffre d’affaires ou leur rentabilité ne sont pas disponibles.
Côté artisanat, l’Agence nationale d’appui au développement de l’entrepreneuriat (ANADE) a mis en avant :
– Un tapis du M’zab exporté vers l’Inde, avec un contrat de 1,5 million de dinars.
– La 26ᵉ édition du Salon international de la production artisanale a enregistré 1 200 exposants, dont 30 % du sud du pays. Aucune donnée sur les ventes n’a été communiquée.
– L’Algérie était présente au Salon Artigiano in Fiera de Milan avec 45 artisans, sans détail sur les commandes passées.
Diaspora et développement local : projets ponctuels
Trois initiatives locales impliquant la diaspora ont été médiatisées :
1. Boussouma (Boumerdès) : Un projet de plantation oléicole porté par des émigrés en France et en Allemagne, avec un financement de 800 000 euros (dons et prêts familiaux). La récolte 2025 est estimée à 50 tonnes d’olives.
2. Tlemcen : Sonelgaz a lancé un programme de raccordement au gaz naturel pour 12 communes rurales, avec un budget de 450 millions de dinars. 3 200 foyers sont concernés d’ici fin 2025.
3. Aïn-el-Melh (M’sila) : Un rapport de la daïra signale des « insuffisances » en infrastructures, sans préciser d’objectifs chiffrés.
Création d’entreprise : figures et discours
Issad Rebrab, via le groupe Cevital, a multiplié les déclarations sur la reprise d’entreprises en difficulté dans la wilaya de Tizi-Ouzou. Aucune annonce concrète n’a été faite sur des embauches ou des investissements productifs. Par ailleurs, une vidéo virale montre une Algérienne critiquant l’état des rues de sa ville, sans lien avec un projet entrepreneurial.
Bilan de la semaine
– Formalisation : Renforcement des procédures (cession de parts, arrêts maladie), mais aucun nouveau dispositif incitatif.
– Financement : Taux stables pour les placements sans risque, absence de fonds dédiés aux startups.
– Commerce : Croissance limitée à des niches (boissons énergisantes), pression sur l’habillement.
– Industrie : Accords ponctuels (Sinotruk), secteur des déchets atomisé.
– Diaspora : Projets de petite envergure, sans effet macroéconomique visible.
– Artisanat : Exportations marginales, salons sans retombées quantifiables.
– Création : Discours de reprise sans actes concrets.
À retenir pour les entrepreneurs
– Cession de parts sociales : Préparer les documents sociaux avant l’assemblée générale, prévoir 4 % de droits d’enregistrement.
– Placements sans risque : Les certificats de dépôt (BNA) offrent 5,2 % sur 12 mois, avec un plafond de 10 M DA.
– E-commerce : La croissance est inégale : les boissons énergisantes progressent, tandis que l’habillement recule.
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