Le taux de chômage parmi les jeunes diplômés en Algérie a atteint des niveaux alarmants dans plusieurs régions du pays, selon un rapport récent cité par Hespress Français. En 2025, certaines wilayas enregistrent un taux dépassant 40 %, une situation qui soulève des questions sur l’efficacité des politiques d’insertion professionnelle et la adéquation entre la formation et les besoins du marché du travail.
Des disparités régionales marquées
Cette disparité s’explique en partie par la concentration des opportunités d’emploi dans les grands centres urbains, où se trouvent la majorité des entreprises, des start-ups et des projets industriels. Les régions éloignées des pôles économiques souffrent d’un manque d’investissements privés et d’une offre limitée en postes qualifiés.
Un décalage entre formation et marché du travail
Le ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels a récemment lancé des initiatives pour réformer les programmes de formation, en collaboration avec le secteur privé. L’objectif est d’aligner les cursus sur les besoins du marché, notamment dans les domaines des énergies renouvelables, des technologies de l’information et de la logistique. Cependant, ces réformes prennent du temps à produire des effets concrets.
Les dispositifs d’insertion professionnelle en question
Dans la wilaya de Nâama, la ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, Yacine Oualid, a récemment souligné l’importance de renforcer la coopération avec les partenaires économiques pour améliorer l’insertion des diplômés. Lors d’une visite dans la région, elle a insisté sur la nécessité de créer des passerelles entre les centres de formation et les entreprises locales, notamment dans les secteurs de l’agriculture et de l’artisanat.
Le secteur privé, un levier sous-exploité
Des initiatives comme le dispositif « Ansej » (Agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes) ou « Angem » (Agence nationale de gestion du microcrédit) ont permis à certains jeunes de créer leur propre entreprise, mais ces programmes restent insuffisants pour répondre à l’ampleur du problème. Selon des chiffres officiels, moins de 10 % des jeunes chômeurs bénéficient de ces dispositifs, en raison de critères d’éligibilité stricts et d’un manque de sensibilisation.
Vers une refonte des politiques publiques ?
En Algérie, des voix s’élèvent pour demander une refonte des politiques publiques en matière d’emploi. Les syndicats et les associations de jeunes réclament davantage de transparence dans les recrutements, une simplification des procédures administratives et un renforcement des liens entre les universités et les entreprises. Certains économistes plaident également pour une diversification de l’économie, afin de réduire la dépendance aux hydrocarbures et de créer des emplois dans des secteurs comme l’agriculture, les énergies renouvelables ou le numérique.
Un enjeu national
Les prochains mois seront décisifs pour évaluer l’efficacité des mesures annoncées par le gouvernement. Les jeunes diplômés, eux, attendent des actions concrètes, et non des promesses. Leur avenir, et celui de l’Algérie, en dépend.