CAN 2025 l’Algérie en alerte

L’Algérie traverse une crise sportive sans précédent à l’approche de la Coupe d’Afrique des Nations 2025. La presse nationale, rarement aussi unanime, parle d’un « acte de décès » pour les Fennecs après des années de résultats décevants. Cette semaine, les critiques fusent contre la Fédération Algérienne de Football (FAF) et son président Charafeddine Amara, accusés de gérer le football algérien comme une entreprise en faillite.

Un diagnostic accablant

Les médias algérois ont sorti l’artillerie lourde. Le quotidien football365.fr titre sans détour : « CAN 2025 : Un acte de décès ». Dans ses colonnes, des journalistes soulignent que l’Algérie n’a plus atteint les quarts de finale depuis 2019, et que les éliminatoires pour 2025 se déroulent dans la confusion. Selon football365.fr, la sélection nationale a enchaîné les contre-performances face à des adversaires théoriquement à sa portée, comme face au Niger en 2024.

La FAF, dirigée par Charafeddine Amara depuis 2022, est pointée du doigt pour son manque de vision. Un ancien cadre technique de l’équipe nationale, cité par football365.fr sous couvert d’anonymat, déclare : « On gère le football comme une administration publique, pas comme un secteur économique stratégique. » Les salaires des joueurs et du staff sont souvent versés en retard, aggravant les tensions internes.

Des joueurs sous pression

Les internationaux algériens évoluent dans des championnats européens exigeants, mais leur intégration en équipe nationale reste chaotique. Melvin Mastil, gardien de but formé au Paradou AC d’Alger et aujourd’hui titulaire au Stade Nyonnais en Suisse, a été convoqué pour les rassemblements de mars 2026. Pourtant, sa sélection n’a pas suffi à calmer les débats sur la qualité du recrutement.

Un rapport interne de la FAF, révélé par brnw.ch, indique que 60% des joueurs convoqués entre 2023 et 2025 n’ont pas joué plus de 20 matchs en club sur les 12 derniers mois. « C’est une logique de piston, pas de performance », commente un observateur du football algérien sous le pseudonyme DZfoot. Monaco, club de Ligue 1, aurait même approché un international algérien prolifique pour une signature, selon Les Transferts. Une offre qui en dit long sur le manque de visibilité des talents locaux.

Économie du football : un secteur à réinventer

Le football algérien coûte cher. En 2025, le budget alloué par la FAF à la sélection nationale et aux compétitions locales s’élève à 2,3 milliards de dinars, soit environ 16 millions d’euros. Pourtant, les recettes générées par les droits TV et les sponsors restent inférieures à 5 millions d’euros par an. « On dépense comme si on était en Ligue 1 française, mais on ne génère pas la même valeur », analyse un expert en économie du sport contacté par Le Matin.

Les clubs algériens, comme l’USM Alger ou le CR Belouizdad, peinent à attirer des investisseurs. Leur modèle économique repose encore sur les subventions publiques, sans réelle stratégie de développement. Le Paradou AC, club formateur de Mastil, a tenté une levée de fonds en 2024 auprès de la diaspora, mais n’a récolté que 200 000 euros sur un objectif de 1 million.

La diaspora, un levier sous-exploité

La diaspora algérienne, forte de 2 millions de personnes, pourrait jouer un rôle clé dans la relance du football. En 2023, l’Association des Algériens de France (AAF) a organisé un gala caritatif pour financer les équipes de jeunes, mais les fonds restent marginaux. « Les investisseurs de la diaspora préfèrent placer leur argent dans l’immobilier ou les startups plutôt que dans le foot », regrette un membre de l’AAF.

Pourtant, des initiatives locales émergent. L’USM Alger a lancé en 2025 un fonds d’investissement dédié aux supporters, permettant à des milliers de petits actionnaires de posséder une part du club. Une première en Algérie. Mais le projet, encore à l’état embryonnaire, peine à convaincre.

À retenir pour les entrepreneurs

Le football algérien représente un marché de 16 millions d’euros en 2025, mais reste sous-financé. Les clubs locaux pourraient attirer des investisseurs étrangers en adoptant des modèles hybrides, mêlant subventions publiques et partenariats privés. La diaspora, malgré son potentiel, n’investit pas massivement dans le secteur. Une levée de fonds transparente et des garanties financières pourraient changer la donne.

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