L’équipe nationale de football algérienne a vécu un échec retentissant lors de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2024, organisée en Côte d’Ivoire. Selon franceinfo, les Fennecs ont été éliminés dès la phase de groupes, après une défaite face à la Mauritanie (1-0) et un match nul contre le Burkina Faso (2-2), scellant leur sort avant même leur dernier match contre l’Angola. Ce résultat marque l’une des pires performances de l’Algérie dans la compétition depuis des décennies, alors que les attentes étaient immenses après une qualification en fanfare et une série de 34 matchs sans défaite sous la direction de Djamel Belmadi.
Un parcours chaotique sous Belmadi
Le match contre la Mauritanie, considéré comme le plus faible des adversaires du groupe, a été symptomatique des problèmes algériens. Malgré une domination stérile, les Fennecs ont concédé un but en contre-attaque à la 53e minute, sur un exploit individuel de l’attaquant mauritanien Aboubakary Koïta. Ce scénario s’est répété contre le Burkina Faso, où l’Algérie a mené 2-0 avant de se faire rejoindre en fin de match, illustrant un manque criant de rigueur défensive et de réalisme.
Des choix contestés et une préparation bâclée
La préparation de la compétition a également été pointée du doigt. L’Algérie a disputé des matchs amicaux contre des équipes de second rang, comme la Tanzanie et le Mozambique, sans véritable enjeu, ce qui n’a pas permis à l’équipe de se jauger face à des adversaires de haut niveau. De plus, les conditions d’entraînement en Côte d’Ivoire ont été critiquées, avec des infrastructures jugées inadaptées par les joueurs, selon des sources proches du staff technique citées par El Watan.
Réactions et conséquences
Les supporters, eux, ont exprimé leur colère sur les réseaux sociaux. Des hashtags comme #BelmadiDémission et #FAFResponsable ont été massivement partagés, tandis que des manifestations ont eu lieu devant le siège de la FAF à Alger. Certains anciens joueurs, comme Rabah Madjer, ont appelé à un « changement radical », estimant que l’Algérie « ne peut plus se contenter de demi-mesures ».
L’après-CAN : quelles solutions ?
Sur le plan structurel, la FAF pourrait s’inspirer de modèles réussis, comme celui du Maroc, qui a mis en place un centre de formation de haut niveau et une politique de détection des talents dès le plus jeune âge. L’Algérie dispose pourtant d’un vivier de joueurs talentueux, comme Rayan Aït-Nouri, Houssem Aouar ou Amine Gouiri, mais peine à les intégrer efficacement dans une équipe compétitive.
Enfin, la question des compétitions locales reste cruciale. Le championnat algérien, souvent critiqué pour son manque de professionnalisme, doit être réformé pour offrir un meilleur niveau de jeu aux joueurs locaux. Des clubs comme l’USM Alger, le CR Belouizdad ou l’ES Sétif ont les moyens de rivaliser avec les meilleures équipes africaines, mais manquent de stabilité financière et administrative.
L’élimination de l’Algérie à la CAN 2024 n’est pas seulement un échec sportif : c’est un signal d’alarme pour tout le football algérien. Les prochains mois seront décisifs pour déterminer si la FAF saura engager les réformes nécessaires ou si l’Algérie continuera de naviguer entre espoirs déçus et promesses non tenues.