Benmouhoub relance la Bourse d’Alger avec 100 entreprises cibles

La Bourse d’Alger enregistre une évolution positive de ses indicateurs, mais son président, Yazid Benmouhoub, estime que le marché reste trop étroit pour jouer pleinement son rôle dans le financement de l’économie nationale. Lors d’une intervention récente rapportée par El Watan, il a souligné la nécessité d’élargir la base des entreprises cotées pour garantir la profondeur du marché. Un objectif ambitieux : atteindre 100 sociétés cotées d’ici les prochaines années, contre une quarantaine actuellement.

Un marché en progression, mais limité

Benmouhoub a pointé du doigt la concentration des échanges sur quelques titres, un phénomène qui limite l’attractivité de la place financière algérienne. « Nous avons besoin de plus d’entreprises pour créer un véritable écosystème boursier », a-t-il déclaré, insistant sur l’importance d’intégrer des PME et des start-up innovantes. Actuellement, les sociétés cotées sont majoritairement issues des secteurs bancaire, énergétique et industriel, laissant peu de place aux nouvelles technologies ou aux services.

Un plan pour attirer les entreprises

La Commission d’organisation et de surveillance des opérations de Bourse (COSOB) travaille également à l’amélioration de la transparence et de la gouvernance des sociétés cotées. « Les investisseurs, qu’ils soient locaux ou étrangers, ont besoin de garanties sur la fiabilité des informations financières », a expliqué un responsable de la COSOB à El Watan. Des audits renforcés et des sanctions plus sévères en cas de manquement sont envisagés pour restaurer la confiance.

Les défis de la liquidité et de l’investissement étranger

Pour inverser cette tendance, la Banque d’Algérie a annoncé en début d’année une série de mesures visant à faciliter les transferts de devises pour les investisseurs non-résidents. « Nous travaillons à un cadre plus souple, tout en maintenant les contrôles nécessaires pour éviter les fuites de capitaux », a précisé un haut responsable de la banque centrale. Ces réformes s’inscrivent dans une stratégie plus large de modernisation du secteur financier, incluant la digitalisation des services boursiers et l’introduction de nouveaux instruments financiers, comme les fonds indiciels.

Les PME, maillon faible du système

Pour y remédier, la Bourse d’Alger a lancé en 2024 un compartiment dédié aux PME, avec des conditions d’accès assouplies. Les entreprises candidates doivent présenter un chiffre d’affaires minimum de 500 millions de dinars et trois années de comptes certifiés, contre 1 milliard de dinars pour le marché principal. « C’est une première étape, mais il faut aller plus loin en accompagnant les PME dans leur préparation », estime un conseiller en introduction en Bourse.

Vers une intégration régionale ?

Cependant, les obstacles sont nombreux : différences réglementaires, concurrence entre les places financières et méfiance des investisseurs envers les marchés émergents. « Le Maghreb a tout à gagner d’une intégration financière, mais cela prendra du temps », tempère un économiste algérien.

Un enjeu pour l’économie nationale

Pour Yazid Benmouhoub, l’objectif des 100 entreprises cotées est réalisable, à condition d’agir sur plusieurs fronts : simplification administrative, éducation des entrepreneurs et ouverture progressive aux capitaux étrangers. « La Bourse doit devenir un levier de croissance, pas seulement un miroir de l’économie », conclut-il. Reste à savoir si les réformes annoncées suffiront à convaincre les acteurs économiques de franchir le pas.

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