BDL Mastercard ouvre l’e-commerce en Algérie

La Banque d’Algérie (BDL) a officiellement lancé cette semaine le paiement en ligne vers l’Algérie via Mastercard, une avancée majeure pour les entrepreneurs locaux et la diaspora. Cette décision, annoncée par l’Émirat algérien, permet désormais aux Algériens de régler leurs achats sur les plateformes internationales sans contrainte de change ou de transferts bancaires. Selon Le soir d’Algérie, cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large pour moderniser les services financiers et booster le commerce électronique, un secteur encore sous-exploité malgré son potentiel.

Un levier pour les PME et startups algériennes

Avec l’ouverture du marché du paiement en ligne, les petites et moyennes entreprises (PME) algériennes voient une opportunité concrète de se développer. Les secteurs du textile, de l’électronique et des services en ligne pourraient profiter de cette libéralisation pour vendre à l’international. En 2025, le marché de l’e-commerce en Algérie était estimé à plus de 1 milliard de dollars, selon des données non officielles, mais les restrictions financières limitaient son expansion. Désormais, les entrepreneurs pourront recevoir des paiements directs de clients étrangers, sans passer par des intermédiaires coûteux.

Un exemple concret : un artisan de Tizi Ouzou ou un développeur de logiciels d’Alger pourrait vendre ses produits ou services sur des plateformes comme Amazon ou Etsy, avec des transactions sécurisées via Mastercard. Cette mesure réduit les freins administratifs et accélère les délais de paiement, un avantage compétitif crucial face à la concurrence tunisienne ou marocaine.

La diaspora algérienne, acteur clé du changement

La diaspora, qui envoie chaque année plusieurs milliards de dollars en Algérie, pourrait également bénéficier de cette innovation. Plutôt que de recourir à des services de transfert informels ou coûteux, les membres de la diaspora pourront maintenant payer directement des factures familiales ou investir dans des startups locales via des plateformes en ligne. Selon la Banque d’Algérie, près de 10 % des transferts de fonds en 2025 provenaient de la diaspora, une manne financière sous-utilisée jusqu’ici.

Les banques locales, comme la BNA ou la BDL, devront s’adapter rapidement pour proposer des solutions intégrées. Des discussions sont en cours pour étendre cette mesure à d’autres réseaux de paiement, comme Visa ou les fintechs locales. Cette ouverture pourrait aussi attirer des investisseurs étrangers, rassurés par la fiabilité des transactions en Algérie.

Un défi pour les banques et régulateurs

Malgré l’enthousiasme, cette transition n’est pas sans risques. Les institutions financières algériennes devront renforcer leurs infrastructures cyber et former leurs équipes pour gérer l’afflux de transactions internationales. La Banque d’Algérie a d’ailleurs souligné que des contrôles stricts seraient maintenus pour éviter les fraudes ou les flux illicites. En 2024, les autorités avaient déjà renforcé les mesures de lutte contre le blanchiment d’argent, un préalable à toute libéralisation financière.

Les entrepreneurs devront aussi s’adapter aux nouvelles règles de conformité, comme l’identification des clients (KYC) ou la déclaration des transactions. Une période d’adaptation est donc à prévoir, avec des retards possibles dans le traitement des premiers paiements.

Comparaison régionale : où se situe l'Algérie ?

Avec cette mesure, l’Algérie rattrape partiellement son retard face au Maroc, où le paiement en ligne via cartes étrangères est opérationnel depuis 2020. La Tunisie, elle, a lancé un système similaire en 2023, avec un succès mitigé dû à des restrictions bancaires. L’Algérie mise désormais sur cette ouverture pour attirer les investissements et réduire la dépendance aux importations.

Cependant, des obstacles persistent : les commissions bancaires restent élevées, et les commerçants locaux peinent à accéder à des solutions de paiement adaptées. Des acteurs comme DHL, qui a étendu sa présence à Alger et Hassi Messaoud en 2021, pourraient jouer un rôle de facilitateur en proposant des services logistiques intégrés aux transactions en ligne.

Réactions des acteurs économiques

Les associations patronales, comme le Forum des chefs d’entreprise (FCE), saluent cette avancée mais réclament des mesures complémentaires. « C’est un pas dans la bonne direction, mais il faut aussi faciliter l’accès au crédit pour les PME et simplifier les procédures douanières », a déclaré un membre du FCE sous couvert d’anonymat. De son côté, le ministère du Commerce a indiqué qu’une circulaire serait publiée pour encadrer l’usage des cartes étrangères, sans préciser de date.

À l’étranger, des entreprises comme Huawei, qui vise à investir en Algérie, pourraient tirer parti de cette ouverture pour développer des solutions de paiement mobile locales. En 2026, le géant chinois a annoncé un partenariat avec des opérateurs algériens pour moderniser les infrastructures technologiques.

À retenir pour les entrepreneurs
Les entrepreneurs algériens peuvent désormais recevoir des paiements étrangers via Mastercard, réduisant les délais et les coûts. Les secteurs du e-commerce, des services en ligne et de l’artisanat sont les premiers bénéficiaires. Une adaptation des banques locales et une formation des commerçants seront nécessaires pour exploiter pleinement cette opportunité.

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