Le producteur franco-grec Alexandre Gavras a récemment mis en lumière un projet cinématographique ambitieux intitulé Bab El Sahra, qui promet de redynamiser l’image de l’Algérie sur la scène culturelle mondiale. Ce film, dont les détails restent encore partiellement confidentiels, s’inscrit dans une volonté de valoriser le patrimoine algérien à travers le septième art, selon des sources proches du projet citées par Cineuropa.
Gavras, connu pour son travail sur des productions internationales comme The Look of Silence (2014) et Adults in the Room (2019), a choisi l’Algérie comme décor principal pour ce long-métrage. Le choix du pays ne relève pas du hasard : l’Algérie, avec ses paysages variés allant du désert du Sahara aux côtes méditerranéennes, offre un cadre visuel unique, encore sous-exploité par le cinéma mondial. Bab El Sahra pourrait ainsi devenir un vecteur de promotion touristique, en mettant en avant des sites emblématiques comme Tamanrasset, Djanet ou encore la Casbah d’Alger.
Un partenariat algéro-international en gestation
Le projet Bab El Sahra s’inscrit dans une stratégie plus large du gouvernement algérien pour attirer les tournages étrangers. En 2023, le Premier ministre Aïmene Benabderrahmane avait annoncé la création d’un fonds de soutien aux productions cinématographiques internationales, doté d’un budget initial de 500 millions de dinars. Ce fonds vise à faciliter les démarches administratives et à offrir des incitations fiscales aux équipes de tournage. Des pays comme le Maroc et la Tunisie ont déjà tiré profit de ce type de mesures, avec des films comme The Crown ou Game of Thrones ayant choisi leurs territoires comme décors.
Des retombées économiques et culturelles attendues
Par ailleurs, le film pourrait contribuer à corriger certains clichés persistants sur l’Algérie. Comme l’a souligné le réalisateur algérien Karim Moussaoui dans une interview accordée à TSA, « le cinéma est un outil puissant pour montrer une autre facette de notre pays, loin des stéréotypes liés à la sécurité ou à l’instabilité ». Bab El Sahra pourrait ainsi s’inscrire dans la lignée d’œuvres comme La Bataille d’Alger (1966) de Gillo Pontecorvo, qui avait marqué l’histoire du cinéma en offrant une représentation nuancée de la guerre d’indépendance.
Des défis logistiques et sécuritaires à surmonter
La question de la sécurité reste également un sujet sensible. Bien que l’Algérie ait connu une amélioration notable de sa situation sécuritaire ces dernières années, certains investisseurs étrangers hésitent encore à engager des budgets importants dans des régions reculées. Pour rassurer les partenaires internationaux, le ministère de l’Intérieur a récemment mis en place une cellule dédiée à l’accompagnement des équipes de tournage, avec des mesures de protection renforcées.
Une opportunité pour les talents locaux
Le film pourrait également donner un coup de projecteur sur des initiatives locales comme le Festival du film saharien de Béchar, qui peine à attirer l’attention des médias internationaux. En associant des figures montantes du cinéma algérien à des noms reconnus comme Alexandre Gavras, Bab El Sahra pourrait créer un pont entre les deux rives de la Méditerranée.
Un signal positif pour le tourisme culturel
Des projets comme Bab El Sahra pourraient changer la donne en attirant une clientèle plus jeune et connectée, sensible aux destinations « cinégéniques ». Des plateformes comme Netflix ou Amazon Prime, en quête de décors originaux, pourraient être séduites par les paysages algériens. « Un film à succès peut faire plus pour le tourisme qu’une campagne publicitaire de plusieurs millions de dollars », affirme un expert du secteur, cité par El Moudjahid.
Une concurrence régionale à surveiller
Le projet Bab El Sahra arrive à un moment clé, alors que le pays prépare la candidature d’Alger comme Capitale arabe de la culture en 2027. Si le film rencontre le succès escompté, il pourrait ouvrir la voie à d’autres productions, faisant de l’Algérie une destination incontournable pour les cinéastes du monde entier.